BFMTV

INFOGRAPHIE. "Baby-boom", "bébé Covid"... Le premier confinement a-t-il fait bondir les naissances?

Photo d'illustration

Photo d'illustration - Gérard Julien - AFP

Les données provisoires de l'état civil 2020 n'indiquent pour l'instant pas de hausse du nombre de naissances en cette année particulière. La natalité est même au plus bas depuis 1945.

Un peu plus de 9 mois après le premier confinement, il n'y a pas - pour l'heure? - de "baby-boom", selon le bilan démographique 2020 publié par l'Insee ce mardi. Seulement 740.000 enfants sont nés en 2020, soit 13.000 de moins qu'en 2019: la natalité française est au plus bas depuis 1945.

Si les naissances recensées durant les trois premiers mois de l'année sont dans la moyenne, elles sont nettement en deça des chiffres habituels dans les mois suivants, comme le montre l'infographie ci-dessous.

Pas de "bébés Covid" pour l'heure

Force est de constater qu'aucun "baby-boom" n'a eu lieu en décembre 2020, neuf mois après le début du premier confinement. Il faudra encore patienter pour en percevoir tous les effets sur la démographie, puisqu'il s'était terminé en mai seulement.

Les chiffres de 2020 pourraient par ailleurs être légèrement revus à la hausse d'ici quelques semaines, le bilan démographique de l'Insee ayant été "établi à partir d’estimations réalisées courant novembre". Une méthodologie qui "ne remet toutefois pas en cause les principaux résultats" assure l'Insee.

Dans une interview accordée au Parisien en juin 2020, le démographe Gilles Pison prédisait déjà qu'il n'y aurait pas de baby-boom à la fin de l'année. Ce n'est pas parce que de nombreux couples ont passé plus de temps ensemble que d'ordinaire que cela entraîne mathématiquement une hausse de la natalité:

"Lorsqu'on examine les crises passées, on constate surtout un report des projets de naissances mais pas un abandon. Ces naissances sont en général récupérées en sortie de crise", expliquait-il. "La crainte du chômage, l'ambiance anxiogène que l'on connaît actuellement vont certainement jouer, et puis on ne sait pas combien de temps cette situation va durer."
Louis Tanca Journaliste BFMTV