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Avec le hashtag #BalanceTonMédecin, des patients dénoncent des discriminations, d'autres saluent des "héros"

Consultation d'un patient chez le médecin (illustration)

Consultation d'un patient chez le médecin (illustration) - PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP

Lancé par un collectif voulant notamment lutter contre le "néocolonialisme", un hashtag devenu viral a rassemblé des témoignages de mauvaises expériences lors de consultations. En retour, les médecins ont reçu de nombreux messages de soutien, saluant leur "grand dévouement".

À l'origine, le hashtag a été créé par un collectif de défense des femmes "arabes, berbères, noires, métisses, croyantes ou athées, qu’elles portent un voile ou non, queer, handicapées, précaires". Avec le mot d'ordre #BalanceTonMédecin, de nombreux patients ont ensuite dénoncé sur Twitter des discriminations dont ils estiment avoir été victimes lors d'une consultation. En retour, le corps médical a reçu un large soutien du personnel politique, mais aussi des remerciements de certains internautes.

De multiples témoignages

Dimanche, sous le pseudo Jaddo, une médecin généraliste a reconnu dans une série de tweets - depuis supprimée - avoir "moins bien soigné" une patiente qu'elle suit depuis trois ans "à cause de son origine ethnique". Cette dernière explique qu'il ne s'agissait pas d'un problème avec la "couleur de peau" mais "plutôt de barrière de la langue".

Ce récit a poussé le "collectif Les Descendantes d'Ifri", qui se présente comme un mouvement contre le "néocolonialisme", "le racisme", "la misogynie", "les lgbtphobies", à lancer un appel à témoignages sur les discriminations dont ont pu être victimes des personnes de la part de médecins, dentistes ou spécialistes. Rapidement, les récits d'anecdotes ou de mauvaises expériences ont afflué avec ce hashtag. 

"Quand mon médecin qui me suit depuis l’enfance m’a demandé à 15 ans si mes parents comptaient me forcer à me marier « au pays » pendant la consultation", se souvient une internaute.
"Quand j'avais 9-10 ans on m'a diagnostiqué la gale. oui, la gale. On m'a donné un traitement qui me brûlait le corps, tout ça parce que des médecins ont décidé qu'il y avait 'sûrement des acariens' là ou je vivais. J'étais en fait allergique au Minidou", raconte un autre internaute.

Le "grand dévouement" des médecins

Après avoir émergé dans les tendances sur le réseau social Twitter, le hashtag a ensuite été repris pour critiquer plus généralement une erreur de diagnostic, un médecin trop pressé ou une mauvaise prescription. Comme cette femme qui se plaint qu'on lui ait prescrit un "Doliprane" pour un "lumbago".

Des critiques qui ont poussé l'Ordre des Médecins a réagir lundi, en défendant "le grand dévouement" dont font preuve les médecins "dans des circonstances parfois difficiles":

Un avis partagé par d'autres internautes qui ont été nombreux à saluer le travail du corps médical. À l'instar de cet utilisateur de Twitter, dont la mère a été guéri "pour la deuxième fois d'un cancer", qui a évoqué ce qui est pour lui "le plus beau métier du monde".

"Les toubibs sont des héros"

Un second raconte qu"après l'accouchement difficile" de sa femme la médecin "est venue gratuitement sur sa pause déj pour venir la voir et vérifier que tout allait bien". Choqué par le "médecin bashing", un autre a montré son admiration pour le corps médical: "Les toubibs sont des héros".

La ministre de la Santé, Agnès Buzyn a également apporté son soutien aux soignants:

"Le dévouement et le professionnalisme des médecins seront toujours au dessus d'un (hashtag) inutilement blessant. Le respect et la confiance restent le cœur de la relation des professionnels de santé avec leurs patients."
Esther Paolini