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Après le confinement, le nombre de Franciliens souhaitant quitter la région bondit

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Selon une étude menée par l'association "Paris je te quitte", les 55 jours d'isolement ont largement contribué à remettre en question le projet de vie de nombreux franciliens. 54% des sondés souhaitent désormais quitter la région au plus vite, contre 38% avant le confinement.

Le confinement aura laissé des traces indélébiles dans les esprits. Chez bon nombre de Franciliens, l'isolement a faire naître des velléités de départ ou a simplement accéléré des processus déjà enclenchés. C'est ce qui émerge d'une étude menée par l'association "Paris je te quitte" auprès de 866 Franciliens. Après 55 jours de quarantaine, il apparaît que ces derniers auraient largement remis en question leurs choix de vie, y compris géographiques.

Avant le confinement, souligne l'étude, 38% des Franciliens interrogés déclaraient vouloir quitter le bassin parisien dès que possible. 24% se voyaient, eux, plutôt lever les voiles d'ici un à deux ans. Après le confinement, 54% des sondés ont exprimé le souhait de quitter la capitale, soit une augmentation de 16 points en l'espace de deux mois, tandis que 19% envisagent un départ dans un à deux ans. Pour beaucoup, le confinement a donc agi comme un déclic. 56% des sondés désireux de partir considèrent ainsi que le confinement a déclenché ou accéléré leur projet de départ de Paris.

Comment expliquer ce changement de braquet? Tout d'abord car 78% des Franciliens, soit une écrasante majorité, ont vécu leur confinement dans la région, dont 69% en appartement.

“Être confiné dans un petit appartement à Paris, avec vue sur des tours et avec pour fond sonore les voisins du dessus, les travaux du bas de la rue, aucun espace vert à moins d'1km, a fini de me convaincre de quitter Paris. Je rêve de nature, de calme, et d'espace pour me retrouver”, témoigne Fabien, futur ex-Parisien, auprès de l'association.

"La perspective de retourner à Paris nous oppresse"

À l'instar de Fabien, cette période aura engendré chez les Franciliens une importante prise de recul, y compris chez ceux qui ont quitté la région pour se confiner. “Aucune envie de retourner dans la pollution, le bruit et le métro parisien”, abonde ainsi Arnaud, pour qui le confinement aura constitué l'avant-goût d'une autre vie. Laëtitia et les siens partagent cet avis:

“La perspective de retourner à Paris nous oppresse même si on aime cette ville et que notre famille a commencé à se construire en ce lieu. Mais une vie plus simple, plus saine, plus posée nous appelle et le confinement confirme ce choix de vie, même si cela a un prix d'un point de vue professionnel".

Différents facteurs motivent les nouvelles aspirations des Franciliens, selon l'étude de "Paris je te quitte". Se rapprocher de la nature, se délester du stress, ou encore bénéficier d'un logement plus grand et moins cher sont des arguments qui reviennent plus d'une fois sur deux chez les Franciliens interrogés.

D'autant que le recours facilité au télétravail a donné des idées: 81% des Franciliens interrogés en ont fait l'expérience pendant le confinement. "Avec le télétravail, pourquoi choisir entre son métier et le lieu où l'on souhaite vivre?", s'interroge ainsi Julien. 

Florian Bouhot