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Ancien : les ventes chutent, les prix stagnent

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Les notaires constatent une nette baisse des ventes dans l’ancien et des prix qui stagnent car les vendeurs refusent de les baisser.

Rien ne va plus dans l'immobilier. Après le tassement des ventes dans le neuf de 34% au premier semestre 2008, c'est à présent l'ancien qui pâtit du pouvoir d'achat en berne. Les chiffres publiés ce mercredi par l'Institut notarial de l'immobilier montrent une baisse de 25% des ventes de logements anciens dans les grandes villes de province. Selon les notaires, les acheteurs sont toujours présents mais négocient plus longtemps pour obtenir de meilleurs prix. Les banques, elles, hésitent à prêter de l'argent et les vendeurs ne veulent pas baisser le prix de leurs biens alors que ces 10 dernières années les prix ont explosé, parfois jusqu'à 140%.

Résultat, il faut aujourd'hui en moyenne 6 à 8 mois pour trouver un acquéreur de biens allant de 100 000 à 600 000 euros contre 1 à 2 mois auparavant. Reste que si les ventes de l'ancien baissent sérieusement, les prix eux restent relativement stables.

Jean-Marie Montazeaud, notaire à Bourg-la-Reine (Hauts-de-Seine) et président de la commission conjoncture immobilière des notaires d'Ile de France, explique qu'il constate « quelques petites baisses qui commencent à poindre. Pas des baisses très importantes, on est à des 0,2 ; des 0,7. Parce que je pense que tout simplement les vendeurs aujourd'hui n'ont pas envie de baisser. Les vendeurs se donnent plus de temps en se disant « Mon voisin fait une bonne affaire, pourquoi pas moi ? ». Une augmentation de 140% en 10 ans, c'est bien, il faut peut-être penser à faire une pause, légèrement baisser pour pouvoir vendre ».

Pierre Bazaille, président de l'Institut notarial de l'immobilier, confirme l'allongement des délais de vente : « Il est certain qu'il y a 3 ou 4 ans les clients venaient, nous annonçaient qu'ils allaient vendre et avant même d'avoir mis le bien en vente, ils revenaient pour prendre un rendez-vous car ils avaient déjà trouvé un acquéreur. Aujourd'hui, on n'est plus dans ce schéma-là, le vendeur garde son bien, il attend, il diffère un projet de revente pour acheter autre chose ».

La rédaction et Christophe Bordet