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Agression près de Digne: un homme meurt devant sa femme et son fils

Les faits se sont déroulés dans cette maison, relativement isolée par rapport au reste du village d'Aubignosc.

Les faits se sont déroulés dans cette maison, relativement isolée par rapport au reste du village d'Aubignosc. - Anne-Christine Poujoulat - AFP

Le père de famille est mort d'un arrêt cardio-respiratoire après avoir été frappé et ligoté par au moins trois hommes qui cambriolaient sa maison.

Un cambriolage a tourné au drame dans la nuit de mardi à mercredi, à Aubignosc, dans les Alpes-de-Haute-Provence. Un entrepreneur en maçonnerie est mort des suites de ses blessures devant sa femme et son fils, ligotés. Les agresseurs ont pris la fuite.

Un cambriolage très violent

Retour sur les faits. Il est près d'une heure du matin lorsque des cambrioleurs, visage masqué, pénètrent au domicile d'une famille, une maison cossue relativement isolée. Ils vivent à Aubignosc, un petit village de 600 habitants situé à une trentaine de kilomètres de Digne-les-Bains. Dans les chambres à coucher, un homme, sa femme et l'un de leurs fils dorment tranquillement. Un autre enfant du couple, plus âgé, n'est pas présent ce soir-là.

Les malfrats, "au moins trois hommes" selon le procureur de la République de Digne, Stéphane Kellenberger, débarquent brutalement et les réveillent. Ils commencent par ligoter le fils, âgé de 15 ans. Le père, quadragénaire, tente de le défendre et se fait très violemment frapper. Le couple est alors également ligoté dans sa chambre, tandis que les cambrioleurs se mettent à la recherche de bijoux et d'argent liquide. Ils mettent la main sur "un butin assez faible", selon la gendarmerie, puis prennent la fuite.

"On est horrifiés. Je l'avais vu grandir."

Le fils finit par se défaire de ses liens, et libère sa mère. Le père, toujours attaché sur son lit, est inconscient. Ils alertent les secours et partent chercher de l'aide à l'extérieur. En vain. "Il était en arrêt cardio-respiratoire, les secours n'ont pas pu le ranimer", explique, las, le lieutenant-colonel Jean-Marc Ménichini. 

"Très choqués", la femme et le fils ont été hospitalisés. L'autopsie de la victime doit être pratiquée jeudi à Marseille, "pour mieux préciser le mécanisme ayant conduit au décès", explique le magistrat. Le parquet de Digne-les-Bains a confié l'enquête à la section de recherche de Marseille, et à la brigade de recherche de Forcalquier. Des moyens aériens ont notamment été déployés pour tenter de retrouver les auteurs des faits.

"Nous sommes dans une petite commune rurale, on a subi quelques actes de délinquance mineurs, mais jamais quelque chose de ce style", témoigne le maire d'Aubignosc, René Avinens. "Tout le monde est sous le choc." Le père de famille tué, originaire du village, y avait fondé son entreprise de maçonnerie et y avait construit sa maison, après être "parti de rien". "C'était quelqu'un de très reconnu", confie l'édile, rappelant qu'il avait aussi été président du comité des fêtes local. "Demain j'irai voir les enseignants pour préparer les enfants, c'est quand même quelque chose de brutal", a encore souligné le maire. "On est horrifiés. Je l'avais vu grandir."

Alexandra Gonzalez