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A La Courneuve, les naturistes s'invitent à la Fête de l'Huma

C'est la première fois, dans l'histoire de la Fête de l’Huma, qu'un stand de naturistes s'ouvre au festival de musique, qui se tient ce week-end en Seine-Saint-Denis. Objectif: sensibiliser le grand public.

Cette année, les organisateurs de la Fête de l'Humanité ont donné leur accord à l’association de promotion du naturisme en liberté (Apnel), qui compte 280 adhérents, de tenir un stand dédié au naturisme, avec le soutien de la Fédération française de naturisme (FFN). Une première.

Et au détour d’une allée, à deux pas de la grande scène, les nudistes détonnent dans le paysage. Ils font sourire tous ceux qui passent. "C’est une belle preuve de courage. Franchement c’est bien", s'amuse ce vendredi une festivalière au micro de BFMTV.

Une venue très politique selon eux

Mais pour ces naturistes militants, leur venue au festival de musique, qui se tient ce week-end à La Courneuve (Seine-Saint-Denis), a un sens très politique.

"On sait que le naturisme efface, un peu, les différences sociales, [marquées par] les tenues vestimentaires. C'est un problème d'émancipation, donc forcément c'est un programme politique", explique Jérôme Jolibois, de l'association pour la promotion du naturisme en liberté.

Avec les plus curieux, la discussion s’engage. Certains font même tomber la chemise, et le caleçon, le temps de boire un verre. "Au final, oui, c'est plutôt bien", raconte ce festivalier, nu comme un ver, à notre micro. "Je le vis très bien", rigole-t-il.

Sensibiliser le public

Si ces naturistes ont choisi de s'installer à la Fête de l'Huma, c'est d’abord pour sensibiliser le public.

Sous l'œil de notre caméra, un passant affiche son scepticisme. "En ville je sais pas… Je suis enseignant, avec les élèves…", lance-t-il. "Eh oui, c'est souvent le regard de l'autre qui n'est pas facile lui répond Jérôme Jolibois, qui se voit rétorquer en riant: "Vous avez bien choisi votre fête de l’huma, il ne fait pas beau comme ça à chaque fois!"

"Il n'y a rien de politique là-dedans"

Reste que tous les festivaliers ne pas sont convaincus. Pour certains, ce combat se situe bien loin de celui des luttes sociales.

"C'est ni fait ni à faire", commente Junon Peintre, militant communiste. "Mais ils sont sympas, on ne leur en veut pas", tient-il à souligner. "Ils vivent leur vie, mais il n'y a rien de politique là-dedans. C'est ça le problème".

Il reste peu probable, il est vrai, que les responsables politiques viennent ce week-end se faire peindre un dragon sur l’épaule, comme le propose le stand de naturistes. Quoique.

C. P. avec Nicolas de Labareyre