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Va-t-on produire de l'électricité avec nos émissions de CO2?

Rendre le CO2 doublement indispensable à la production d’énergie ? Pas sûr que les écologistes apprécient l’ironie.

Rendre le CO2 doublement indispensable à la production d’énergie ? Pas sûr que les écologistes apprécient l’ironie. - -

SUR LES INTERNETS - Une équipe de chercheurs hollandais a découvert un moyen d'utiliser le CO2 produit par les usines pour en tirer de l'énergie électrique.

Les usines de production d’électricité comptent parmi les principales sources de CO2 dans le monde, avec une masse de 12 milliards de tonnes émises tous les ans. A défaut de réduire nos émissions de CO2, ce que l’on a du mal à faire semble-t-il, des chercheurs ont peut-être trouvé une manière de rendre ces déchets... utiles.

Pour ces scientifiques hollandais, ce CO2 pourrait produire 1,750 terawatt heure par an, soit 400 fois la puissance du barrage Hoover Dam, dans le Nevada, comme le relève Scientific American. Et ce sans émettre plus de CO2 dans l’atmosphère. Comment? Ils proposent un procédé que l’on connaît depuis 200 ans: l’électrolyse.

L’article est paru dans l’Environmental Science and Technology Letter, publié par la Société américaine de chimie, une société savante très active dans le financement de la recherche en chimie. Il décrit précisément le processus qui consiste à installer un mécanisme d'électrolyse en haut de la cheminée, exploitant le CO2 et produisant de l'énergie.

Se rendre doublement dépendant de la production de CO2

L’expérience menée par Bert Hamelers et ses collègues, au sein d’une collaboration entre instituts de recherche et entreprises, est présentée comme est prometteuse et permettrait d’envisager d’équiper d’un dispositif simple toute usine émettant du CO2, à condition de trouver un investissement suffisant au développement de cette découverte.

Rendre le CO2 doublement indispensable à la production d’énergie? Pas sûr que les écologistes apprécient l’ironie, à l’heure où le monde cherche justement un moyen de s’en débarrasser.

>> A lire sur ScientificAmerican.com

Olivier Laffargue