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Selon une étude française, la luminothérapie serait aussi efficace que les antidépresseurs

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Photo d'illustration - Flickr Rosmarie Voegtli

Une équipe de chercheurs français a récemment publié une étude prouvant l'efficacité de la luminothérapie, non seulement dans le traitement de la dépression saisonnière, due notamment à la baisse de luminosité en automne et en hiver, mais aussi dans le traitement d'épisodes dépressifs modérés et sévères.

La luminothérapie, qui consiste à s'exposer entre une demi heure et une heure à une lampe dont la lumière, spécifique, est proche de la lumière solaire, pourrait constituer un traitement sérieux remplaçant les antidépresseurs ou les complétant, comme le rapporte Le Monde.

Reconnue par la communauté médicale comme une option thérapeutique efficace pour les épisodes dépressifs saisonniers, dus en partie à la baisse de luminosité en hiver, elle a été réévaluée par des psychiatres français et est considérée comme une vraie alternative pour les autres types de dépressions. Pierre Alexis Geoffroy, psychiatre et médecin du sommeil à Paris, et des collègues du CHU de Strasbourg, ont mené une méta-analyse, publiée le 18 septembre dans la revue scientifique Sleep Medicine Reviews.

L'action antidépressive de la lumière solaire

La technique de la luminothérapie a été découverte à la fin du XIXe siècle et récompensée par le prix Nobel de médecine en 1903, pour le médecin danois Niels Ryberg Finsen, qui avait remarqué ses effets sur la stimulation du système immunitaire. Mais son usage en psychiatrie remonte à la fin du XXe siècle aux Etats-Unis, pour le traitement de la dépression saisonnière. Cette pathologie concerne 5% de la population en France, et 10% dans les pays du Nord, qui bénéficient de peu de lumière du jour l'hiver.

Alors qu'en été, le corps est exposé à environ 50.000 lux (l'unité d'éclairement), en hiver ce sont à peine 2000 lux qui nous parviennent. S'exposer à une lumière blanche d'une intensité de 10.000 lux, le matin, aurait un effet antidépresseur et synchroniserait notre horloge interne, selon Le Monde, d'où une utilisation concentrée sur les dépressions saisonnières, automnales et hivernales.

Par cette simulation de la lumière du soleil, la luminothérapie produit plusieurs effets, en particulier pour l'amélioration des rythmes du sommeil, la synchronisation des rythmes biologiques, l'amélioration de la vigilance, mais aussi du bonheur, avec une action sur la production de sérotonine. Une thérapie de surcroît accessible au grand public, avec des appareils disponibles en grandes surfaces et en ligne. Le diagnostic et le traitement d'épisodes dépressifs saisonniers ou sévères s'établit cependant avec des professionnels.

La luminothérapie peut compléter ou remplacer les anti-dépresseurs

L'équipe de chercheurs français a procédé à une méta-analyse, en sélectionnant des études comparant la luminothérapie et les antidépresseurs, et ont ainsi pu analyser sept essais représentant 397 patients souffrant d'un épisode dépressif modéré à sévère, selon Le Monde.

Ils concluent à la non-supériorité des antidépresseurs sur la luminothérapie, et affirment que l'association des deux thérapies est plus efficace que la seule prise d'antidépresseurs, et ce pour les autres types de dépression que la dépression saisonnière. Le quotidien rapporte que si le traitement d'une dépression dure 6 mois en moyenne avec des antidépresseurs, il durerait de huit à dix semaines avec la luminothérapie.

"Dans le cadre d'une dépression non sévère, on peut proposer en première intention des antidépresseurs ou une luminothérapie, en fonction des préférences du patient, de son profil et de sa tolérance aux médicaments. Dans les formes sévères, l’association peut être instaurée d’emblée, pour obtenir un effet plus rapide qu’avec les antidépresseurs seuls", explique le psychiatre et médecin du sommeil Pierre Alexis Geoffroy au Monde.

Si cette option thérapeutique peut paraître moins invasive et préférable pour certains patients, le psychiatre précise que la luminothérapie et le traitement d'un épisode dépressif doit se faire en accord avec son médecin, en utilisant des lampes classées "dispositif médical", ce qui n'est pas le cas de toutes les lampes commercialisées. D'autres traitements non pharmacologiques ont été recommandé par la Haute Autorité de Santé, en octobre 2017, comme la méditation de pleine conscience ou le yoga.

Julia Galan