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Sarcoïdose, lèpre... Robespierre et sa santé fragile

Philippe Froesch présentait, le 11 octobre à Aix-en-Provence, la reconstitution en 3D du visage de Maximilien de Robespierre, figure de la révolution française et de la terreur.

Philippe Froesch présentait, le 11 octobre à Aix-en-Provence, la reconstitution en 3D du visage de Maximilien de Robespierre, figure de la révolution française et de la terreur. - -

La figure controversée de la Révolution française était sans doute atteinte de la sarcoïdose, en plus de la variole, selon un diagnostic rétrospectif. La lèpre et la tuberculose ont été aussi envisagées.

L'un des instigateurs du régime de la Terreur, Robespierre, affichait une santé fragile. La figure controversée de la Révolution française portait sur le visage des cicatrices de la variole. Il était sans doute aussi atteint d'une autre maladie, la sarcoïdose diffuse, selon un diagnostic rétrospectif proposé par le légiste Philippe Charlier.

Cette maladie expliquerait "la fatigue permanente, l'asthénie, dont a pu souffrir Robespierre, qui était dans les derniers mois de sa vie au bord de l'épuisement", affirme le Dr Charlier, spécialiste des énigmes historiques. Aucun doute n'est permis sur les causes de la mort de celui qui fut surnommé "l'incorruptible" et instaura "la Grande Terreur": après avoir envoyé maintes de ses concitoyens à l'échafaud, il fut lui-même guillotiné le 28 juillet 1794, 10 Thermidor de l'An II, à l'âge de 36 ans.

L'examen attentif des deux masques mortuaires

Mais le Dr Charlier (Laboratoire d'anthropologie médicale et médico-légale de l'Université Versailles Saint-Quentin, près de Paris), s'est efforcé de reconstituer le dossier médical de Maximilien de Robespierre.

Il s'est appuyé à la fois sur des témoignages de ses contemporains et sur l'examen "attentif" de deux masques mortuaires, l'un conservé au Musée Granet, à Aix-en-Provence, l'autre au Muséum national d'Histoire naturelle, à Paris.

C'est l'exemplaire d'Aix-en-Provence, qui a servi de base à la reconstitution faciale en 3 D réalisée par l'infographiste Philippe Froesch (Visual Forensic, Barcelone), coauteur avec Philippe Charlier de la "correspondance" publiée vendredi par la revue médicale britannique The Lancet. Ce masque en plâtre aurait été moulé par une certaine Marie Grosholtz, devenue célèbre sous le nom de Madame Tussaud.

La lèpre et la tuberculose envisagées

Selon lui, Robespierre "présente quasiment tous les signes d'une sarcoïdose diffuse: une atteinte ophtalmologique, cutanée, à la fois au niveau des jambes et au niveau du visage, et également une atteinte des muqueuses respiratoires". "On n'a pas la prétention d'avoir un diagnostic de certitude, néanmoins c'est très, très, très fortement évocateur", souligne-t-il.

Le légiste reconnaît que la maladie n'est pas facile à diagnostiquer et précise avoir pris conseil auprès d'un spécialiste de médecine interne.

D'autres pathologies possibles ont été envisagées, "à commencer par la lèpre et surtout la tuberculose, mais en l'occurrence, ça ne colle pas", poursuit-il.

Quant au médecin personnel de Robespierre, Joseph Souberbielle, il aurait eu bien du mal à reconnaître une sarcoïdose. La maladie n'a été décrite pour la première fois qu'en 1877, par un médecin britannique, Sir Jonathan Hutchinson.

L. B. avec AFP