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Quelle place pour le biogaz dans la transition énergétique?

On compte 389 unités de biogaz en France: cette énergie est stockable, transportable, non intermittent et substituable aux carburants fossiles.

On compte 389 unités de biogaz en France: cette énergie est stockable, transportable, non intermittent et substituable aux carburants fossiles. - -

Le projet de loi sur la transition énergétique sera présenté avant l'été en Conseil des ministres. Les professionnels sont sur le pied de guerre. La filière du biogaz, la "petite dernière des énergies renouvelables", a décidé de donner de la voix en publiant un Livre Blanc.

La filière biogaz n'est pas récente en termes de technologique, mais elle prend de plus en plus de place dans le paysage de la transition énergétique française. En 2013, quelque 389 unités de biogaz ont été installées, et presque autant sont en développement. On compte 80 installations de stockage de déchets non Dangereux ou décharges.

La plus grosse part concerne l'agriculture avec 140 méthanisations agricoles. Une progression rapide de 80 % mais "nous partons de loin" comme le précise Antoine Jacob, le président du Club Biogaz qui rassemble 240 acteurs.

Réduire les importations de gaz

Le biogaz est une filière multiforme et riche. Il est possible de méthaniser les résidus agricoles et les tontes de gazon, les déchets de la restauration mais aussi des grandes et moyennes surfaces, les déchets industriels agro-alimentaires ou encore les boues d'épuration d'eaux urbaines. Elle présente l'avantage de permettre de générer de l'énergie mais aussi d'offrir l'opportunité aux agriculteurs de s'affranchir de la pétrochimie. En effet, le gaz composé de méthane qui se dégage lors de la fermentation des matières biodégradables en l'absence d'oxygène est produit soit dans les installations de stockage de déchets non dangereux soit dans des cuves appelées digesteurs où des matières organiques sont introduites. C'est le système le plus fréquemment utilisé. Il en ressort du biogaz mais aussi du digestat, qui est un fertilisant très efficace.

Cette énergie permet par ailleurs de garantir une plus grande autonomie énergétique. Près de 99% de la demande française de gaz naturel est satisfaite grâce aux importations, de Norvège principalement mais aussi de Russie. Or, en 2009, on estimait que 5 à 10% du gaz naturel distribué pourrait être substitué par du biométhane d'ici à 2020. Les idées reçues sont encore tenaces mais le Club Biogaz rappelle que les risques d'explosion sont très rares ou encore que la méthanisation ne génère pas d'odeur. La réglementation relative aux installations classées pour la Protection de l'environnement est très stricte. Les installations font l'objet d'un suivi régulier notamment à travers des contrôles inopinés.

Emplois locaux

L'Etat a pris conscience des enjeux. L'an dernier, le plan EMAA a été dévoilé. Il vise à franchir d'ici à 2020 un objectif de 1.000 installations de méthanisation produisant de l'énergie à partir de fumiers et déchets agricoles ou agroalimentaires.

Des groupements d'agriculteurs voient le jour. Pour passer à la vitesse supérieure, le Club Biogaz dévoile un livre blanc avec 50 propositions souvent très détaillées. La filière souhaite un cadre plus simple et un tarif d'achat qui couvre les coûts de production. Le tarif est bas à l'heure actuelle. Les subventions sont un complément nécessaire, elles sont déterminées en fonction de la taille des projets.

Enfin le Club Biogaz souhaite un plan ambitieux du développement du bioGNV. Un camion de 25 tonnes de fumier produit ainsi suffisamment de biométhane pour remplacer 1000 litres de fuel. Des expérimentations sont encore cours: les bus de la ville de Lille roule au biométhane. Pour appuyer son propos, le Club Biogaz met en avant les enjeux de création d'emplois non délocalisables, pour construire les sites mais aussi les entretenir. On compte 1700 emplois directs, il pourrait y en avoir 16.000 à l'horizon 2020.

|||C'est quoi le biogaz?

Le biogaz est un gaz composé de méthane, qui se dégage lors de la fermentation des matières biodégradables. Il est produit soit dans les installations de stockage de déchets non dangereux, soit dans des cuves appelées digesteurs et où des matières organiques sont introduites.

Nathalie Croisé de BFM Business