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La sonde japonaise Hayabusa 2 va bombarder un astéroïde cette nuit

Illustration de la sonde Hayabusa2 sur l'astéroïde Ryugu.

Illustration de la sonde Hayabusa2 sur l'astéroïde Ryugu. - Akihiro Ikeshita / JAXA

A plus de 300 millions de kilomètres de la Terre, la sonde va tirer une charge explosive sur l'astéroïde Ryugu pour creuser un cratère. Les scientifiques veulent ainsi analyser le sous-sol de ce corps céleste.

Le remake d'Armaggedon se prépare à 314 millions de kilomètres de la Terre. Sauf que le premier rôle n'est pas tenu par Bruce Willis mais une sonde japonaise: Hayabusa 2. Dans la nuit de jeudi à vendredi, celle-ci va larguer une charge explosive sur l'astéroïde Ryugu afin de créer un cratère pour pouvoir ensuite analyser le sous-sol du corps céleste.

La sonde, qui est depuis plusieurs mois positionnée en orbite à 20 kilomètres de l'astéroïde, a commencé à descendre vers ce petit astéroïde très ancien en forme de diamant, qui date de la formation du système solaire, a précisé l'Agence spatiale japonaise (Jaxa) à la mi-journée ce jeudi, à Tokyo. 

Une mission à très haut risque

Arrivée à 500 mètres du point d'impact choisi, elle libérera un engin chargé d'explosif et se sauvera en moins de quarante minutes à une centaine de kilomètres de l'autre côté de l'astre pour se protéger des débris projetés par l'impact. La petite sphère de 2 kilos, faite en cuivre - une matière qui n'existe assurément pas sur ce corps céleste - sera propulsée par une charge explosive d'environ 5 kilos et devrait frapper la surface à la vitesse de 2m/s, soit 7200 km/h.

Il s'agit d'une des tâches les plus risquées de la longue mission Hayabusa 2 qui a déjà permis de collecter d'importantes informations sur Ryugu, lequel peut aider à comprendre la création de notre système solaire. Si un débris touche la sonde, cette dernière pourrait se désintégrer. Avec elle disparaîtraient alors les précieux échantillons récoltés lors d'un précédent contact furtif avec l'astéroïde, au mois de février.

Hayabusa 2 est ensuite censée revenir en deux semaines tout près de Ryugu et même se poser brièvement dans le cratère créé pour effectuer des prélèvements. "Nous sommes impatients de voir ce qui se passera lorsque l'impacteur heurtera l'astéroïde", a déclaré plus tôt cette semaine aux journalistes Takashi Kubota, un des responsables de la mission. Le cratère artificiel pourrait atteindre 10 mètres de diamètre si la surface est sablonneuse, mais il pourrait être plus petit, de 3 mètres seulement, s'il est rocheux, selon les scientifiques de Jaxa.

Retour prévu en 2020

"Maintenant qu’on a un échantillon en surface, on aimerait pouvoir le comparer à du matériel qui, lui, n’aura pas été chauffé par le soleil. On pourra confronter leur différence d’hydratation, voir si ces traces d’eau viennent de corps parents ou pas, bref, c’est une fenêtre sur l’histoire de Ryugu qu’on cherche à ouvrir", explique dans Le Parisien, Patrick Michel, directeur de recherche au CNRS et membre scientifique de la mission.

Le but ultime est de contribuer à enrichir les connaissances de notre environnement spatial "pour mieux appréhender l'apparition de la vie sur Terre", selon la Jaxa. Les scientifiques pensent que l'eau et les molécules nécessaires à la vie sont contenues dans ces roches spatiales qui datent de la naissance de l'univers. 

Si tout se passe bien, la sonde pourra ensuite commencer son long retour vers Terre. Hayabusa 2 doit atterrir en 2020. La longue analyse des échantillons récupérés après cette mission à très haut risque pourra alors commencer.

Benjamin Rieth