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La découverte d'eau sur Mars, un nouvel espoir d'y trouver de la vie? 

Image fournie par la NASA le 27 septembre 2015, montrant des trainées pouvant avoir été formées par de l'eau coulant sur Mars

Image fournie par la NASA le 27 septembre 2015, montrant des trainées pouvant avoir été formées par de l'eau coulant sur Mars - -, NASA/AFP

Les découvertes de la Nasa sur la présence d'eau de saumure sur la planète Mars relancent l'idée d'y trouver de la vie. Selon des experts, cette eau pourrait permettre la découverte d'une vie microbienne en sous-sol mais aussi la culture de plantes.

Le "mystère de Mars" annoncé par la Nasa, qui promettait ce lundi de grandes révélations sur la planète rouge, est donc tombé : de l'eau liquide a été trouvée à la surface de la planète, sous forme de ruisseaux de saumure. Cette eau extrêmement salée peut être comparable à celle que l'on trouve dans la Mer Morte ou dans le salar d'Uyuni en Bolivie, comme l'expliquait Serge Brunier, consultant astronomie et espace de BFMTV. Mais la densité de sel présente dans cette eau permet-elle,pour autant la vie? 

Les scientifiques de la Nasa sont prudents. John Grunsfeld, administrateur adjoint de l'Administration, affirme que "nous avons maintenant la possibilité d'aller aux bons endroits sur Mars pour y trouver éventuellement de la vie".

Image fournie par la NASA le 27 septembre 2015, montrant des trainées pouvant avoir été formées par de l'eau coulant sur Mars
Image fournie par la NASA le 27 septembre 2015, montrant des trainées pouvant avoir été formées par de l'eau coulant sur Mars © -, NASA/AFP

Une vie microbienne en sous-sol

La vie envisagée sur Mars, se résume à la possibilité d'une vie microbienne. Selon les chercheurs de la Nasa, la probabilité est "très grande", notamment s'il y a des nappes souterraines. Cette vie ne pourrait en effet exister que dans le sous-sol car la surface de Mars est inhospitalière, avec notamment les rayonnements ultraviolets du soleil qui détruiraient toute vie telle que nous la connaissons, expliquent ces astronomes, pointant la faible densité de l'atmosphère martienne, formée à 95% de CO2, qui n'offre pas de protection. L'absence de méthane, permet aussi d'indiquer qu'il "n'y a pas de trace de vivant dans l'atmosphère martienne" assure Serge Brunier. 

Michael Myer, responsable scientifique du programme d'exploration de Mars à la Nasa, a quant à lui relevé qu'on ignorait d'où venait cette eau responsable de ces trainées qui apparaissent sur des pentes abruptes à certains endroits de la Planète rouge pendant les saisons les moins froides de l'année avant de disparaître quand les températures replongent. Ce phénomène a été observé la première fois en 2011.

Des sources d'eau souterraines? 

L'eau pourrait se trouver dans le sous-sol car il ne pleut pas sur Mars, a-t-il relevé, et il est "impératif" de trouver d'autres endroits plus accessibles sur la planète où le même phénomène se produit, et de rechercher les sources d'eau fraîche souterraine.

"Nous suspectons seulement que ces endroits existent car nous avons quelques indices scientifiques qui nous le laissent penser", a dit John Grunsfeld pour qui "cela va être une voie d'exploration fascinante dans à l'avenir".

Cultiver des plantes et produire de l'oxygène

S'il y a suffisamment d'eau sur Mars, il sera alors possible de cultiver des plantes à l'intérieur de serres gonflables, prédit le scientifique et ancien astronaute. Vu que les plantes respirent du dioxyde de carbone (CO2), abondant sur Mars, et rejettent de l'oxygène, cela pourrait être un mécanisme utile pour les futurs explorateurs leur permettant à la fois de produire de la nourriture et un environnement respirable, a-t-il expliqué. Déjà, des astronautes avaient réussi à faire pousser de la salade dans l'espace.

Les responsables de la Nasa sont confiants dans les capacités des prochaines explorations, prévues les cinq prochaines années, pour percer davantage de secrets de la Planète rouge. Cela permettrait de bien faire progresser les programmes d'exploration humaine future. L'Agence spatiale américaine envisage la première mission habitée vers la planète rouge à l'horizon des années 2030 au plus tôt.

la rédaction avec AFP