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Jérémy Saget, un Français (presque) sur Mars

Vue des installations de la mission Mars One.

Vue des installations de la mission Mars One. - Mars one

PORTRAIT - Jérémy Saget est le dernier Français parmi les 100 présélectionnés pour la mission de colonisation de la planète Mars. Malgré les risques, ce médecin bordelais de 37 ans se montre confiant quant à la réussite de ce projet.

Objectif Mars pour cent chanceux. Au départ, plus de 200.000 candidats se sont portés volontaires pour le projet Mars One, un aller sans retour direction la planète rouge pour tenter de la coloniser. Au terme de deux premières épreuves de sélection, une liste de 100 candidats, 50 hommes et 50 femmes, a été publiée lundi par la société hollandaise.

Parmi les 100 potentiels astronautes, Jérémy Saget. Ce médecin bordelais de 37 ans est le dernier Français à pouvoir prétendre à l'une des 24 places disponibles pour cette aventure spatiale. Jusqu'alors seul son prénom était connu, aujourd'hui il s'exprime librement sur ce projet.

"Cela fait un plaisir immense, s'enthousiasme l'aspirant astronaute auprès de Sud Ouest. C'est un projet pour lequel je vibre réellement. C'est le rêve qui se frotte à la réalité. Maintenant, il reste beaucoup de travail à faire."

"Un rêve de môme"

Pour atteindre cette troisième phase de sélections, Jérémy Saget a dû subir une batterie de tests, notamment pour définir son profil psychologique. "Il s'agissait de tester notre motivation, notre fidélité au projet mais aussi et surtout notre adaptabilité", détaille le Français. Mais aussi de vérifier la capacité des candidats à travailler en groupe. Des épreuves auxquelles se prépare depuis bien longtemps l'apprenti astronaute.

L'histoire est classique. L'envie d'aller dans l'espace de Jérémy Saget remonte à l'enfance. "Bien sûr c'est un rêve de môme, depuis tout petit je suis passionné par l'espace, explique-t-il à Europe 1. Quand j'avais cinq ans je voulais être astronaute." De cette passion, le Bordelais a tenté de s'en rapprocher au maximum. Le praticien de 37 ans s'est spécialisé dans la médecine aérospatiale pour devenir médecin de vol parabolique, autrement dit en apesanteur, auprès de l'équipe médicale de Novespace, une filiale du Centre National d'Etudes Spatiales (CNES). Aujourd'hui, il se dit habité par une foi qui doit le conduire dans l'espace.

Père de famille

Conscient qu'il devra encore batailler dur pour intégrer l'équipe d'astronautes qui pourrait être envoyée sur Mars, notamment en passant par des tests physiques, Jérémy Saget imagine déjà ce qu'il pourrait découvrir en arrivant sur la planète rouge. "Plein d'images de couleurs qui sont teintées par la science-fiction, par l'imaginaire, espère-t-il. Ce sera différent, ce sera forcément différent, il faut être conscient de ça."

Et pour atteindre ce rêve, Jérémy Saget est prêt à laisser son quotidien sur la Terre derrière lui et en premier lieu, sa famille. "Je suis un père de famille aimant. Mais je ne renonce pas à ce qui me définit. Ma famille le sait : je l'aime et, d'une manière ou d'une autre, je serai toujours là pour elle", confie-t-il à Sud-Ouest. Le Bordelais a encore le temps de se préparer. Selon le projet lancé par deux Néerlandais, Bas Lansdorp et Paul Römer, très critiqué d'un point de vue du financement et de la faisabilité, le grand départ ne devrait avoir lieu qu'en 2024 pour une arrivée en 2025 sur Mars, après sept mois de voyage. 

J.C