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ExoMars: trois jours de descente décisifs pour l'atterrissage de Schiaparelli sur Mars

Schiaparelli s'est détaché dimanche comme prévu de la sonde TGO qui restera en orbite de la planète rouge. Désormais, l'atterrisseur continue sa descente de trois jours, dont les dernières minutes cruciales.

Les six dernières minutes de la descente de trois jours entamée par l'atterrisseur Schiaparelli, seront décisives. Tant pour lui que pour l'Europe qui veut prouver avec cette mission ExoMars qu'elle maîtrise enfin le difficile exercice de se poser sans souci à la surface de la planète rouge. Et faire oublier l'échec de Mars Express et de Beagle 2 qui, une fois à la surface, n'ont plus jamais donné signe de vie. Il ne faudrait pas que ce parcours de près de 500 millions de kilomètres depuis la base de Baïkonour en Russie suive le même scénario. Après une petite frayeur à la suite du détachement d'avec l'orbiteur franco-russe TGO, la mission semble en bonne voie. Pour amortir le choc final, les ingénieurs européens ont prévu plusieurs dispositifs.

Entrée dans l'atmosphère à plus de 20.000 km/h

Schiaparelli, qui a une masse de 577 kilos au départ, est une capsule de 2m40 de diamètre qui ressemble un peu à "une piscine gonflable pour bébé", selon Michel Denis.

"La partie inférieure du module est protégée par une structure écrasable en aluminium, en nid d'abeilles, destinée à amortir le choc final", souligne Thierry Blancquaert, responsable de l'atterrisseur à l'ESA, l'agence spatiale européenne.

Mercredi, à 14h42 GMT (16h42 heure de Paris), Schiaparelli sera à 120 km de la surface et il pénétrera dans l'atmosphère, à une vitesse de 21.000 km/heure. 

Le ralentissement de l'engin mettra à contribution plusieurs techniques complémentaires pour freiner sa course:

Un bouclier thermique le protègera de l'important échauffement né du contact avec l'atmosphère et le ralentira.

A 11km de la surface, la vitesse du module sera descendue à 1.650km/heure. 

Un parachute s'ouvrira alors pour le ralentir davantage. 

Enfin, neuf rétrofusées seront allumées à environ 1km de la surface pour diminuer encore l'allure.

Puis les moteurs seront coupés à 1 ou 2 mètres du sol.

L'impact final, à 10 km/heure, sera amorti par la structure écrasable du module. Les capteurs de Schiaparelli seront entrés en action un peu plus d'une heure avant le choc pour enregistrer toute une série de données.

Pas d'images de Schiaparelli au sol de la planète

En revanche, c'est un regret que Serge Brunier, écrivain spécialisé dans la vulgarisation scientifique, exprime que l'antenne de BFMTV.

"C'est malheureusement le grand raté des Européens pour cette fois. Ils nous ont émerveillés avec la sonde Rosetta et la comète, mais il n'ont pas voulu mettre de bonnes caméras dans Schiaparelli, donc on n'aura pas les photos de la sonde au sol. Là ce sont de nouveau les Américains qui ont relevé le défi mais techniquement, scientifiquement, ce sera vraiment une magnifique mission."

  1. "Si quelque chose devait mal se passer, cela permettrait de voir quel mécanisme a mal fonctionné", souligne Michel Denis, directeur des opérations en vol d'ExoMars 2016, depuis le centre de contrôle de l'ESA à Darmstadt, en Allemagne.

Schiaparelli doit se poser sur la plaine équatoriale de Meridiani Planum, sur laquelle a déjà atterri en 2004 le rover américain Opportunity. Le module est équipé d'une petite station météo qui mesurera la pression, la température, la vitesse du vent, mais aussi les champs électriques à la surface de Mars. Mais la vie de Schiaparelli sera de courte durée: deux à huit jours environ, car il est seulement équipé d'une batterie non rechargeable.

David Namias et AFP