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ExoMars: succès pour la sonde, l'atterrisseur a touché la planète mais n'émet pas de signal

Vue d'artiste de Schiaparelli sur le sol martien.

Vue d'artiste de Schiaparelli sur le sol martien. - ESA

C'est une opération capitale pour l'Agence spatiale européenne. Il s'agissait de mettre un nouveau satellite en orbite autour de Mars, et surtout d'envoyer un atterrisseur sur cette planète. L'issue de cette tentative est encore incertaine.

Il devait se poser sur la surface de Mars peu avant 17h (heure française), après un voyage de sept mois. Il a fallu attendre plus longtemps et ce n'est probablement pas terminé. Si l'atterrisseur de la mission européano-russe ExoMars, Schiaparellia réussi à se poser sur le sol de la planète rouge, il n'émet depuis aucun signal. "Je ne suis pas très optimiste", a admis Thierry Blancquaert, responsable du module à l'Agence spatiale européenne (ESA). 

Un (faible) signal et puis plus rien

Le module Schiaparelli s'est bien réveillé comme prévu peu avant l'atterrissage. C'est ce qu'a constaté un radiotélescope indien qui a capté un signal radio, selon l'ESA, à l'origine de cette opération avec son homologue russe Roscosmos. Mais ce faible signal radio a cessé d'être reçu par le radiotélescope indien "peu avant ou au moment de l'atterrissage", a expliqué Thierry Blancquaert, responsable de Schiaparelli. 

La perte de ce signal "ne donne pas d'indications tangibles" sur l'état de l'atterrisseur, a poursuivi Thierry Blancquaert. "Si Schiaparelli se trouve derrière un petit cratère, cela peut suffire à ce que le radiotélescope ne parvienne pas à l'entendre".

Au tour des sondes de parler

Schiaparelli est équipé d'une petite station météo qui doit mesurer la pression, la température, la vitesse du vent mais aussi les champs électriques à la surface de Mars. Plus important encore, la réussite de l'envoi de ce module permettrait de laver l'affront Mars Express de 2003 et l'échec du mini-atterrisseur Beagle 2 et de réaliser une véritable démonstration de force. En effet, depuis les années 1960, plus de la moitié des missions martiennes se sont soldées par un échec. Et jusqu'à présent, seuls les Américains ont réussi à poser sur Mars des engins qui sont parvenus à fonctionner.

Les scientifiques comptent à présent sur les sondes présentes autour de Mars pour les renseigner sur le destin de l'atterrisseur. 

L'optimisme est de mise pour la sonde TGO

Une sonde, justement, semble quant à elle donner satisfaction. Après s'être comme prévu séparée de l'atterrisseur de Schiaparelli le 16 octobre dernier, la sonde "Trace Gas Orbiter" (TGO) est en train d'achever ses manoeuvres pour se mettre en orbite autour de Mars. 

"Cela se présente très très bien pour elle", a même déclaré Michel Denis, directeur des opérations en vol de la mission ExoMars à l'ESA. Il est "très probable" que l'Europe a "deux satellites autour de Mars", avec Mars Express, a-t-il dit. 

La nouvelle est d'autant plus agréable pour les experts que la tâche dévolue à cette sonde est essentielle. TGO sera chargée de "renifler" l'atmosphère martienne pour détecter des gaz à l'état de traces comme le méthane qui pourrait indiquer la présence d'une forme de vie microbienne actuelle sur la planète.

>> Ci-dessous, une simulation en "temps réel" de l'atterrissage de Schiaparelli, tel qu'il était censé se dérouler

David Namias