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ExoMars: atterrissage en "6 minutes de terreur" à suivre en direct à 16h42

Vue d'artiste de l'atterrissage de Schiaparelli, tel qu'il est censé se dérouler.

Vue d'artiste de l'atterrissage de Schiaparelli, tel qu'il est censé se dérouler. - ESA

L'Europe spatiale va retenir son souffle mercredi après-midi. Elle va tenter de poser en douceur un atterrisseur sur Mars. La réussite de l'exercice prouverait sa capacité à déposer sain et sauf un engin sur la planète rouge.

s Six minutes de terreur. A partir de 16h42, heure française, l'Agence spatiale européenne (ESA) va trembler en attendant des nouvelles de l'atterrisseur Schiaparelli. A ce moment précis, la capsule de 2,40 m de diamètre en forme de piscine gonflable pour bébé rentrera dans l'atmosphère martienne... à une vitesse de 21.000 km/h. S'écouleront ensuite six interminables "minutes de terreur", pour reprendre la formule des ingénieurs du spatial.

Schiaparelli sera d'abord freiné par un bouclier thermique puis par un grand parachute. A la fin de sa course, neuf rétrofusées entreront en action. Leurs moteurs seront coupés tout près du sol. Schiaparelli aura alors une vitesse nulle et il fera une petite chute libre d'un ou deux mètres. L'impact final, à 14h48 GMT, soit 16h48 heure de Paris, sera amorti par une structure écrasable protégeant le ventre de l'atterrisseur.

Un enjeu majeur pour l'Europe spatiale

Jusqu'à présent, seuls les Américains ont réussi à poser sur Mars des engins qui sont ensuite parvenus à fonctionner. C'est la deuxième fois que l'Europe se lance pour sa part à la conquête de Mars. En 2003, la sonde européenne Mars Express avait largué un mini-atterrisseur Beagle 2, de conception britannique, mais qui n'a jamais donné signe de vie. On sait depuis 2015 qu'il a effectivement atterri, mais qu'il été endommagé.

"Pour le moment, tout va bien" pour la sonde et pour Schiaparelli, qui hiberne actuellement pour économiser son énergie, a déclaré mardi soir le responsable de l'atterrisseur, Thierry Blancquaert, présent au Centre européen d'opérations spatiales (ESOC) à Darmstadt, en Allemagne. La météo martienne n'est pas excellente. "Il y a des tempêtes de poussières. Mais il n'y a rien de dramatique. Ce n'est pas géant. Cela ne m'inquiète pas plus que cela", a-t-il dit.

Comment suivre l'événement?

Pour suivre l'atterrissage, le plus simple est de suivre le direct proposé par l'ESA au centre de contrôle de Darmstadt, en Allemagne.

Le Centre national d'études spatiales proposera une émission plus tardive à 17h45. Elle peut être suivie directement sur le site du Cnes ou sur les chaînes DailyMotion ou YouTube de l'organisme.

Les comptes Twitter de la mission devraient aussi être très actifs, avant et après l'atterrissage. Ainsi celui de Schiaparelli, de la sonde TGO et bien sûr celui de l'ESA France.

Attention cependant, il ne faut pas s'attendre à admirer en temps réel la séquence d'atterrissage. Schiaparelli possède bien une caméra fixée sous sa structure, mais les images éventuellement captées ne seront pas diffusées en direct. Elles devraient en revanche être disponibles jeudi.

Il faut aussi garder à l'esprit que le petit engin n'est pas équipé de caméra haute définition. Il n'y aura donc pas de vue panoramique de la surface martienne. Pour cela, il faudra attendre le second volet de la mission ExoMars, avec le lancement en 2020 d'un véritable rover.

>> Ci-dessous, une simulation en "temps réel" de l'atterrissage de Schiaparelli, tel qu'il est censé se dérouler

Simultanément, la sonde scientifique européano-russe TGO, qui s'est séparée dimanche de l'atterrisseur, doit se mettre en orbite autour de Mars. Une manoeuvre délicate elle aussi, qui nécessite une grande précision.

David Namias avec AFP