BFMTV

En 2018, les catastrophes liées au réchauffement climatique ont coûté au moins 80 milliards d'euros

Un village d'Indonésie ravagé après un séisme et un tsunami, fin septembre 2018.

Un village d'Indonésie ravagé après un séisme et un tsunami, fin septembre 2018. - Mohd Rasfan - AFP

Une ONG britannique estime que les pertes économiques liées au dix catastrophes naturelles les plus dévastatrices de 2018 s'élèvent à, au moins, 80 milliards d'euros. Les scientifiques en appellent à la réduction de l'émission des gaz à effets de serre.

Tornades, inondations, éruptions volcaniques, tremblements de terre ou encore tsunami… En 2018, la planète a essuyé de nombreuses catastrophes naturelles dévastatrices pour l’homme et son environnement. Selon une étude de l’organisation non gouvernementale (ONG) Christian Aid, relayée par Le Monde, les dix événements les plus destructeurs de ces douze derniers mois ont coûté entre 85 et 96 milliards de dollars (soit entre 75 et 84 milliards d’euros). Pour arriver à ce chiffre, l’ONG s’est basée sur les données des réassureurs, des banques et des gouvernements.

28 milliards d'euros après les ouragans aux Etats-Unis

En première ligne, les ouragans Florence et Michael qui se sont abattus sur les Etats-unis, une partie des Caraïbes et de l’Amérique centrale en octobre dernier. Ils ont respectivement entraîné des dégâts d’une valeur de 15 et 13 milliards d'euros.

Mexico beach en Floride, aux Etats-Unis après le passage de l'ouragan Michael.
Mexico beach en Floride, aux Etats-Unis après le passage de l'ouragan Michael. © Joe Raedle - AFP

Les sinistres engendrés par les incendies en Californie s’évaluent entre 8 et 12 milliards d'euros. Au Japon, les inondations se chiffrent entre 8 et 11 milliards d'euros et ont tué plusieurs centaines de personnes – situation aggravée par le passage du typhon Jebi en septembre, le plus violent que le pays ait connu ces 25 dernières années, selon la BBC. En Australie (5 à 8 milliards d'euros), en Europe (7 milliards) et en Argentine (5 milliards) ce sont les sécheresses qui ont été dévastatrices.

"Cette étude est une piqûre de rappel utile pour sensibiliser une partie de la population et des décideurs politiques qui raisonnent en termes de budget", assure au quotidien le climatologue Jean-Pascal van Ypersele de Strihou, professeur à l’Université catholique de Louvain, en Belgique.

Lourds bilans humain

Reste que ces données doivent être nuancées, "elles ne donnent qu’une vision partielle car on ne peut ni ne doit tout quantifier de manière monétaire", poursuit le scientifique. Les effets des catastrophes naturelles ne se réduisent pas aux pertes matérielles.

"Les effets indirects, comme le fait de vivre de manière précaire ou d’avoir perdu son emploi, ne sont pas comptabilisés, alors qu’ils affectent le bien-être et la qualité de vie", explique Stéphane Hallegatte, économiste spécialiste du climat et des catastrophes naturelles à la Banque mondiale.

D'après l’institution, le véritable coût est 60% plus élevé que celui estimé par les réassureurs tandis que sur le plan humain "les événements extrêmes ont tué, blessé ou déplacé des millions de personnes en 2018".

2018, année la plus chaude

En seulement vingt ans, les pertes économiques liées aux catastrophes climatiques ont augmenté de 150%. Sur ces catastrophes naturelles en rafale plane l’ombre du réchauffement climatique. Une étude publiée après le passage de l’ouragan Florence sur les Etats-Unis montre que les pluies qui l’ont accompagné étaient 50% plus importantes qu'elles ne l'auraient été sans l'influence du réchauffement climatique.

"Les inondations, les sécheresses, les vagues de chaleur, les incendies de forêt et les tempêtes sans précédent que nous avons connus sont le résultat du changement climatique. La seule manière d’endiguer cette tendance destructrice est une chute rapide des émissions de gaz à effet de serre", commente à la BBC le docteur Michael Mann de l’université de Pennsylvanie, aux Etats-Unis.

Avant l’ouverture de la Cop 24, le 2 décembre, l’Onu avait averti de l’extrême urgence de la situation, rappelant que, selon l’Organisation météorologique mondiale (OMM), la température moyenne à la surface du globe, pour les dix premiers mois de l’année 2018, était supérieure de quasiment un degré Celsius aux valeurs de l’époque préindustrielle (1850-1900). Ainsi, "2018 s’annonce comme la quatrième année la plus chaude jamais enregistrée".

Ambre Lepoivre