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Après l'arrêt allemand, le nucléaire reste en débat en France

La centrale EDF de Bugey, près de Lyon. La décision de l'Allemagne de cesser toute production d'électricité nucléaire à partir de 2022, prise à la lumière de la catastrophe de Fukushima, au Japon, relance une nouvelle fois le débat en France sur les risqu

La centrale EDF de Bugey, près de Lyon. La décision de l'Allemagne de cesser toute production d'électricité nucléaire à partir de 2022, prise à la lumière de la catastrophe de Fukushima, au Japon, relance une nouvelle fois le débat en France sur les risqu - -

La décision de l'Allemagne de cesser toute production d'électricité nucléaire d'ici une décennie relance une nouvelle fois en France le débat sur les risques et les avantages économiques de cette source d'énergie.

La coalition au pouvoir à Berlin a annoncé dans la nuit de dimanche à lundi son intention de fermer toutes ses centrales nucléaires au plus tard en 2022.

Une décision qui marque pour le gouvernement d'Angela Merkel un revirement complet, évidemment lié à la catastrophe de la centrale de Fukushima, au Japon.

La France, dont 85% environ de la production d'électricité est d'origine nucléaire, ne doit pas suivre le même chemin, a estimé Jean-François Copé, le secrétaire général de l'UMP.

"J'y suis, pour la France, totalement défavorable", a-t-il dit sur RTL.

Le nucléaire, a-t-il ajouté, "c'est aujourd'hui un élément majeur de la puissance industrielle de la France, sachant que tout cela - et les autorités indépendantes nous le confirment - se fait dans des conditions de sécurité remarquables".

Nicolas Sarkozy et son gouvernement ont réaffirmé à plusieurs reprises le choix du nucléaire en France depuis la catastrophe de Fukushima au Japon, notamment en soulignant qu'elle permet aux entreprises et aux particuliers de payer l'électricité nettement moins cher qu'en Allemagne.

Cette stratégie reste néanmoins contestée notamment par les écologistes, qui plaident pour un arrêt progressif du nucléaire. Europe Ecologie-Les Verts (EELV) a ainsi jugé lundi que la décision de Berlin confortait sa position.

"DÉCISION TOTALEMENT POLITIQUE"

"Cela prouve que c'est tout à fait possible d'engager de manière résolue la sortie du nucléaire", a déclaré Cécile Duflot, la secrétaire nationale du parti, sur RTL. "C'est un exemple et j'espère que c'est ce qui se passera en Europe, et en tout cas en France, très bientôt."

Un voeu auquel le patronat ne souscrit évidemment pas, tout en souhaitant voir la France fournir un effort supplémentaire en matière d'énergies alternatives.

"Il est certain que nous pouvons faire beaucoup mieux, la France en particulier, l'Europe en général, par exemple dans le solaire", a dit sur BFM TV la présidente du Medef, Laurence Parisot. "On a des technologies, on a ce que j'appelle souvent un génie industriel français: mettons-le au service de ces nouvelles énergies."

Du côté des défenseurs du nucléaire, la présidente d'Areva, Anne Lauvergeon, a mis en doute la validité de la décision des partis allemands.

"C'est une décision totalement politique puisqu'il n'y a jamais eu de référendum, ni appel à ce que pensait l'opinion publique même si, de manière générale, les sondages là-dessus montrent l'émotion des Allemands", a-t-elle déclaré sur BFM Business.

Pour elle, Berlin sera de toute façon dans l'obligation d'importer de l'électricité nucléaire.

"Par quoi vont-ils remplacer l'électricité nucléaire ? (...) Ils vont faire ce qu'ont fait en leur temps les Autrichiens, c'est-à-dire importer de l'électricité nucléaire venant des pays voisins."

Benjamin Mallet et Marc Angrand, édité par Yves Clarisse

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