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VIH: des tests en hausse et des découvertes de séropositivité en baisse 

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La baisse de nouveaux diagnostic VIH relevée en France au niveau national est également observée dans d'autres pays européens depuis plusieurs années, comme l'Autriche, la Belgique, la Finlande, l'Allemagne, la Grèce, les Pays-Bas, le Portugal et le Royaume-Uni.

L'augmentation du dépistage pour le VIH s'est accompagnée d'une diminution du nombre de découvertes de séropositivité en France, selon le dernier Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) de Santé publique France.

En 2018, 5,80 millions de tests ont été réalisés dans les laboratoires d'analyses. Un nombre de test en augmentation régulière depuis 2013 (+11%), alors que le taux de positivité (1,9/1.000 sérologies) a diminué (-13%). Pour autant, "le recours au dépistage du VIH reste très insuffisant en France métropolitaine", lit-on dans ce BEH dédié au sida.

Près de 6200 personnes ont découvert leur séropositivité l'an dernier, soit une baisse de 7% par rapport à 2017. Plus de la moitié d'entre elles n'avaient jamais été testées auparavant. Un quart de ces découvertes étaient précoces et 29% à un stade avancé de l'infection, des proportions stables sur les trois dernières années.

"La diminution du nombre de découvertes de séropositivité, couplée à une augmentation de l'activité de dépistage, peut refléter une diminution du nombre de personnes infectées non diagnostiquées et/ou une diminution de l'incidence (nouveaux cas, ndlr) depuis plusieurs années", notent Françoise Cazein (SpF) et ses collègues. 

Néanmoins, le nombre de personnes diagnostiquées à un stade avancé de l'infection montre que le dépistage doit encore progresser, selon eux.

Approche combinée

La baisse de nouveaux diagnostic VIH relevée en France au niveau national est également observée dans d'autres pays européens depuis plusieurs années (Autriche, Belgique, Finlande, Allemagne, Grèce, Pays-Bas, Portugal et Royaume-Uni).

"L'approche combinée, incluant "Test and Treat" [dépister et soigner de suite sans attendre que la maladie se développe, ndlr] et la PrEP [un traitement préventif pour le VIH avant un rapport sexuel, ndlr] est la stratégie du succès, souligne Valérie Delpech (Public Health England, Londres) dans l'éditorial du BEH. 

La PrEP est notamment prise par des homosexuels, parmi lesquels le recours répété au dépistage est en hausse. 

Développement des auto-tests

Les centres de dépistage gratuit (CeGIDD) qui accueillent des populations particulièrement exposées au risque de contamination VIH, permettent aussi de diagnostiquer des MST bactériennes, des hépatites B et C. 

Un quart des homosexuel/HSH (homme ayant des rapports sexuels avec des hommes) exposés à ces infections acceptent les kit d'auto-prélèvement pour le VIH et ces autres MST. Ce sont majoritairement des citadins, très éduqués, qui s'emparent de cet outil, selon un programme promu en ligne au printemps 2018. 

Les diagnostics d'infections sexuellement transmissible (IST/MST) continuent d'augmenter en France, notent Delphine Viriot et de ses collègues (SpF) qui se sont penchés sur le dépistage des IST bactériennes dans le secteur privé en France.

En 2018, 2,1 millions de personnes ont été testées pour une infection à Chlamydia (plus 9% par rapport à 2006), près de 1,6 million pour le gonocoque (+18%) et 1,8 million pour la syphilis (moins 7%). Cette diminution, observée pour la première fois 200, concerne seulement les femmes.

Clément Boutin avec AFP