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Vaccination obligatoire: pour la présidente de la HAS, "il faudra l'envisager" en fonction de la situation épidémique

Dominique Le Guludec exhorte à la vaccination contre le Covid-19, qui constitue une "arme" face à la "menace" que représente le variant Delta.

"Oui on a une menace, mais on a une arme", a martelé ce vendredi matin la présidente de la Haute autorité de santé (HAS) Dominique Le Guludec sur BFMTV-RMC. "Il faut être massivement vacciné", a-t-elle ajouté, estimant qu'une obligation pour tous à partir de 12 ans pourrait être envisagée si la situation le requerrait.

"Ce variant-là est beaucoup plus contagieux", a-t-elle rappelé concernant le variant Delta, anciennement appelé "variant indien" en raison de son lieu d'apparition. Et si plus de la moitié de la population a reçu au moins une dose de vaccin, il faut encore accélérer la cadence, défend la cardiologue.

Risque de rebond épidémique face au variant Delta

"Un petit pourcentage d'un grand nombre, ça fait plein de malades au bout", pointe-t-elle, mettant en évidence le risque de "saturation des hôpitaux" à la clef, et donc de "nouvelles restrictions sanitaires".

"Nous évaluons, et nos avis changent au fur et à mesure des connaissances", a-t-elle rappelé.

Une loi est en préparation pour rendre la vaccination obligatoire parmi les soignants, dont le taux d'immunisation est jugé encore insuffisant, a-t-on appris jeudi. Selon les informations de BFMTV, cette obligation pourrait être plus large, voire s'appliquer en population générale. Le Premier ministre Jean Castex consulte en vue de la prise éventuelle d'une telle mesure.

"Déjà en novembre nous avions donné les conditions pour lesquelles l'obligation (pour les soignants, NDLR) serait licite. C'était d'avoir des vaccins sûrs, efficaces, et en particulier contre la transmission (...), c'était d'avoir suffisamment de doses pour vacciner tout le monde, et puis c'était que la situation épidémique le requiert. Et en effet, on est en train de réunir toutes ces conditions", a jugé Dominique Le Guludec.

Convaincre des bénéfices de la vaccination

"On reste désolés d'arriver à l'obligation vaccinale, on a toujours pensé qu'il valait mieux convaincre", ajoute-t-elle.

Cette vaccination obligatoire pourrait-elle être envisagée pour tous, à partir de 12 ans? "En fonction de la situation épidémique, de ce qui va se passer, en fonction du taux de vaccination qu'on a atteint, il faudra l'envisager", livre la présidente de la HAS.

Quant aux enfants de moins de 12 ans, l'opportunité de les vacciner contre le virus doit être étudiée au cours de l'été, a précisé Dominique Le Guludec.

Clarisse Martin Journaliste BFMTV