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"Une arme très efficace": les Académies de médecine et de pharmacie défendent l'ARN messager

Une fiole du vaccin à ARN messager de Pfizer/BioNTech.

Une fiole du vaccin à ARN messager de Pfizer/BioNTech. - JUSTIN TALLIS © 2019 AFP

Dans un communiqué commun, l'Académie nationale de médecine, l'Académie nationale de pharmacie et l'Académie des sciences dénoncent les "fausses informations" autour des vaccins basés sur la technologie de l'ARN messager.

"Stop aux Fake news". L'Académie nationale de médecine, l'Académie nationale de pharmacie et l'Académie des sciences dénoncent ce jeudi les "fausses informations" autour des vaccins à base d'ARN messager (le vaccin Pfizer/BioNTech et celui de Moderna) et jouent la carte de la pédagogie.

"Contre-vérités"

"Émises et entretenues par une petite minorité, ces contre-vérités ne s'appuient sur aucune donnée scientifique mais leur large diffusion, surtout par les réseaux sociaux, entretient le doute et la confusion", écrivent les trois académies dans un même communiqué.

Une "désinformation" que dénoncent les académies car celle-ci a un impact selon elles sur "la dynamique de la campagne nationale de vaccination" et "favorise le développement d'une quatrième vague épidémique". Plusieurs arguments sont alors soulevés. D'abord sur la technologie, pour la première fois employée sur des vaccins, mais qui a été élaborée et améliorée "depuis plus de trente ans" et qui s'avère "très efficace pour la vaccination contre le SARS-CoV2".

Des vaccins "remarquablement sûrs", soutiennent les académies qui rappellent que "l'ARN messager vaccinal est dégradé rapidement après sa traduction en protéine vaccinale et [...] ne s'intègre dans le génome humain."

"Les discours suscitant l'hésitation, voire l'opposition, ne sont plus acceptables"

Autre point soulevé par les trois académies: la production rapide de ces vaccins et leur facile modification, "si nécessaire", pour rester efficaces contre de nouveaux variants du virus: "les variants du SARS-CoV-2 ont émergé au sein de populations très fortement contaminées, dans les pays ayant les plus faibles taux de couverture vaccinale", ajoutent-elles.

"La pandémie de la Covid-19 risque de se prolonger tant que l'ensemble de l'humanité n'aura pas acquis une immunité, soit par l'infection, mais avec de lourdes conséquences, soit par les vaccins. Seule une vaccination universelle permettra de l'interrompre", poursuivent-elles.

Pour toutes ces raisons, les trois académies soutiennent une extension "rapide au niveau international" de la technologie de l'ARN messager "dans le cadre d'une vaccination universelle".

"De nombreux pays ne disposent pas encore de vaccins en quantités suffisantes pour immuniser leur population", notent enfin les académies, "dans les pays riches qui, comme la France, disposent de suffisamment de vaccins à ARN messager pour immuniser toute leur population, les discours suscitant l'hésitation, voire l'opposition à la vaccination, ne sont plus acceptables."
Hugues Garnier Journaliste BFMTV