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Sédentarité des ados: trois conseils pour encourager les jeunes à bouger

Un enfant joue à la corde à sauter à Johannesburg, en Afrique du Sud, en avril 2020. (PHOTO D'ILLUSTRATION)

Un enfant joue à la corde à sauter à Johannesburg, en Afrique du Sud, en avril 2020. (PHOTO D'ILLUSTRATION) - Michele Spatari / AFP

Alors que les autorités sanitaires alertent sur une augmentation de la sédentarité et l'inactivité physiques des adolescents, l'enseignante-chercheuse Aude-Marie Foucaut livre trois conseils à BFMTV.com pour favoriser l'activité des jeunes.

66%, c’est la part des jeunes entre 6 et 17 ans qui ne pratiquent pas une activité physique suffisante en France, alerte l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) dans un avis rendu ce lundi. Plus inquiétant encore, ces données portent sur l’année 2019, soit avant le début de la crise sanitaire. Les statistiques pourraient encore s’être dégradées durant l’année en cours, avec les périodes de confinement, dont la première, durant laquelle les écoles étaient fermées.

Aude-Marie Foucaut, enseignante-chercheuse au laboratoire Éducations et pratiques de santé à l’université Sorbonne Paris-Nord livre à BFMTV.com quelques conseils pour redonner la motivation de bouger aux plus jeunes.

· Priorité "aux jeux et au plaisir"

Danser, jouer, sauter… "Laissez les enfants pratiquer une activité physique spontanée", lance Aude-Marie Foucaut à destination des parents. Sans aller jusqu’à la pratique d’un sport, les possibilités de bouger à l’intérieur sont nombreuses, à condition d’être "imaginatif". La chercheuse propose par exemple de créer un "parcours moteur" à l’aide du mobilier de la maison. Contourner un porte-manteau, passer sous une table, faire le tour du canapé, et répéter l’exercice plusieurs fois, ou le plus rapidement possible en un temps donné. Le tout sous forme ludique et avec la playlist préférée des enfants.

La priorité doit être donnée "aux jeux et au plaisir", souligne l’enseignante. Si vous disposez d’un jardin ou d’un parking, il est possible de faire une marelle à la craie, de sauter à l’élastique ou à la corde à sauter.

"Laissez le jeune prendre des initiatives", poursuit-elle, insistant sur le fait que l’imagination des enfants ne doit pas être mise de côté.

· Les écrans ne sont pas forcément un ennemi

L’avis de l’Anses indique que la part d’adolescents qui ne bougent pas assez passent "plus de deux heures" devant un écran par jour. La télévision, les ordinateurs et les smartphones favorisent la sédentarité. Mais ils peuvent aussi se révéler être un allié: "Les plateformes comme Youtube proposent des vidéos très ludiques et il existe aussi des jeux vidéos où le joueur est actif", insiste Aude-Marie Foucaut. Le jeu "Ring Fit Adventure" sur la Nintendo Switch offre par exemple des exercices physiques dans un univers fantastique.

Comme les vidéos proposées sur le site du ministère des Sports via l’application BougezChezVous, Internet offre des possibilités de ne pas être passif devant l’écran. Et pourquoi pas lancer des défis physiques à ses amis sur les réseaux sociaux? "Des petits exercices sur la coordination ou l’équilibre", propose notamment l’enseignante.

Se servir d’une montre connectée ou d’une alarme sur un smartphone sont autant d'options qui peuvent encourager le jeune à bouger et incorporer petit à petit des habitudes d’activités physiques.

· Créer "une nouvelle routine" collective

Instaurer des moments d’activités dans la journée de l’adolescent se fait en famille. Les parents doivent encourager leurs enfants en proposant des balades, à pied, à trottinette ou à vélo, dans les endroits appréciés par ces derniers, les accompagner à l’école à pied ou bien en se garant le plus loin possible de l’école. Et ainsi, créer progressivement "une nouvelle routine" familiale.

Il ne faut pas hésiter à demander de l’aide pour le ménage ou bien à faire une activité manuelle avec l’enfant, telle que la peinture ou la cuisine, debout et non assis sur une chaise. De même, il n’est pas vain de rappeler à l’adolescent de bien se dépenser lors de la récréation ou en cours d’EPS.

Les encouragements s’appuient sur des éléments positifs: "Plutôt que de l'inquiéter en lui disant qu’il va prendre du poids, le parent peut lui signaler qu’il se sentira mieux dans sa peau et qu’il dormira mieux" s’il est actif en journée, abonde Aude-Marie Foucaut. Enfin, la chercheuse rappelle le rôle primordial de "modèle" des parents:

"Les parents montrent l’exemple. Ils ne peuvent pas demander aux enfants de s’activer si eux sont toute la journée assis sur le canapé."
Esther Paolini Journaliste BFMTV