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Retrait des vaccins sans aluminium : une association s’inquiète

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De plus en plus de vaccins sans aluminium disparaissent du marché. Une association tire la sonnette d’alarme. Certaines personnes intolérantes à l’aluminium pourraient ne plus être vaccinées contre certaines maladies.

Les vaccins sans aluminium disparaissent progressivement du marché. L'association d'entraide aux malades de la myofasciite à macrophages (AE3M) a tiré la sonnette d'alarme. Leur maladie rare et dégénérative leur interdit tout contact avec l'aluminium, et donc avec de plus en plus de vaccins, formulés à l'hydroxyde d'aluminium. Le Tetagrip, contre le tétanos et la grippe, a été retiré début 2012, le DT polio contre la diphtérie, le tétanos et la polio, a lui disparu en 2008. Certains ne peuvent donc plus se faire vacciner contre ces maladies. Les industriels arrêtent de produire ces vaccins sans adjuvant car cela leur coûte trop cher. De plus, la toxicité de l'aluminium n'est pas prouvée scientifiquement.

Moratoire lancé par l'Assemblée nationale

Didier Lambert, membre de l’association AE3M, souffre de myofasciite à macrophages et juge cette disparition problématique : « J’ai des enfants et des petits enfants, c’est extrêmement problématique, on ne peut pas se permettre de les vacciner, et cela veut dire qu’ils peuvent attraper le tétanos. » L'aluminium utilisé comme adjuvant dans les vaccins fait débat depuis plusieurs années. Il causerait des maladies neurologiques chez des personnes qui n'arriveraient pas à l'éliminer de leur organisme. En mars, un groupe d'étude de l'Assemblée Nationale voulait un moratoire pour l'interdire dans tous les vaccins.

Aucune preuve de la toxicité neurologique de l'aluminium

Mais jeudi dernier, l'Académie de médecine a publié un avis contradictoire. Pour elle, il n'y a aucune preuve scientifique de la toxicité neurologique. Pourtant, elle reconnaît que l'ingestion d'aluminium à forte dose ou en cas de « consommation chronique à des dosages élevés » est dangereux. Pierre Bégué, infectiologue et ancien directeur du Comité de vaccination, a fait plusieurs mois de recherches sur les liens entre adjuvants et troubles neurologiques comme la myofasciite à macrophages. « On ne prend pas de principe de précaution quand on n’a aucune preuve. On ne va pas faire un moratoire en France sur les vaccins dont 90% contiennent de l’aluminium comme tous les vaccins du monde. S’il y avait un moratoire, il y aurait une levée de boucliers parce qu’on ne pourrait plus vacciner. On ne peut pas en trois jours fabriquer d’autres vaccins. L’adjuvant est nécessaire et si on remplace l’aluminium, il faudra 5 à 10 ans pour le faire », affirme-t-il.
Gérard Bapt, cardiologue et député PS de Haute-Garonne suit le dossier des adjuvants depuis quelques années. « Le moratoire ne veut pas dire grand-chose parce que cela signifierait dans un certain nombre de cas l’arrêt de la vaccination. Par contre, je pense que des vaccins qui étaient produits il y a quelques années encore sans sel d’aluminium, notamment contre la diphtérie ou le tétanos, devraient continuer à l’être », explique-t-il.

La Rédaction, avec Violette Voldoire