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"On sait que la vague arrive": du Nord au Sud, les services hospitaliers se préparent à un afflux de patients

Après l’Île-de-France et le Grand Est, qui ont particulièrement souffert de la pandémie de Covid-19 ces dernières semaines, le virus se propage dans tout le pays. Partout, les hôpitaux se préparent à un afflux de patients dans leurs services.

Depuis deux semaines, la France vit au ralenti sous l’effet du confinement. Mais le virus, lui, continue encore sa progression, et les hôpitaux de nombreuses régions se préparent à un afflux massif de patients touchés par le Covid-19.

"On sait que ça arrive. Ce qui va poser des questions d’organisation et de fatigue ça va être 'combien de temps il va falloir faire face à cet afflux massif avant que ça retombe un peu'", s’inquiète au micro de BFMTV Matthieu Collart, infirmier, représentant CGT des personnels du CHU de Lille. 

"On s’organise pour faire face"

Tous les services hospitaliers des Hauts-de-France sont sur le pied de guerre pour gérer l’arrivée d’un pic de contaminations dans la région.

"Nous avons préparé une unité de huit lits supplémentaires, équipée de respirateurs capables de ventiler des patients de réanimation, explique Hervé Tygat, responsable de l’unité de réanimation d’une clinique privée des Hauts-de-France. C’est un dispositif qui va augmenter en fonction des besoins, on a encore 20 lits supplémentaires."

L’anticipation est la même dans le Pays basque:

"La vague va arriver dans le Sud comme ailleurs, prévient dans les colonnes du Parisien Christian-Michel Arnaud, médecin anesthésiste-réanimateur dans une clinique privée de Bayonne. On s’organise pour faire face. On est obligés de transformer des lits des unités de soins continus, de salle de réveil, en lits de réa."

Dans le même temps, d’autres régions comme l’Île-de-France et le Grand-Est - touchées plus tôt par le virus - commencent enfin à souffler. En Île-de-France, des signes encourageants apparaissent.

"Pour la première fois, le nombre de personnes admises dans les hôpitaux en Île-de-France a baissé de façon significative, de même que le nombre de personnes hospitalisées", observe sur notre antenne William Dab, épidémiologiste et ancien directeur général de la Santé.

Même son de cloche du côté du président de la région Grand Est, Jean Rottner:

"On note depuis trois jours un semblant de calme aux urgences de Mulhouse. Mais soyons prudents", rapporte le Journal du Dimanche.

Transférer les patients pour soulager les hôpitaux

Un "calme" également dû au renforcement du nombre de lits pour accueillir les patients. Dimanche, 4652 patients en réanimation étaient recensés en France, d'après Jérôme Salomon, et la capacité globale d’accueil est de 15.000 lits, selon un engagement pris par le gouvernement.

"En Île-de-France, 1694 personnes ont été admises dans les hôpitaux. On sait que la capacité des lits a été augmentée progressivement par l’Agence régionale de santé. Aujourd’hui, on a environ 2000 lits de réanimation dans cette région. Donc, on a encore de la place. On sait qu’il y a des zones plus tendues, comme la Seine-Saint-Denis, mais il y a une redistribution importante des patients qui permet de délester les hôpitaux encombrés."

C’est justement ce rééquilibrage qui a permis d’aider la gestion des patients. Pour la première fois, l'Île-de-France a transféré ce week-end une quinzaine de patients en réanimation vers le Centre-Val de Loire et une opération de transport vers la Bretagne est en cours d'organisation, indiquent Les Echos. Dans le Grand Est, région touchée de plein fouet par la pandémie, une nouvelle opération d’envergure s’est déroulée dimanche, permettant de déplacer quelque 300 patients qui étaient hospitalisés dans des établissements saturés. 

7132 personnes sorties de l'hôpital

Des hélicoptères de l'armée française et un avion militaire allemand ont acheminé des malades du Covid-19 vers le sud-ouest de l'Allemagne, et des TGV médicalisés ont évacué des patients vers la Nouvelle-Aquitaine. Et ce lundi, la France va encore accélérer les évacuations de malades du coronavirus depuis le Grand Est.

Si l’épidémie a fait plus de 2500 morts dans le pays, chaque jour, l’organisation des services hospitaliers permet de sauver des vies: dimanche soir, 7132 personnes étaient déjà sorties de l'hôpital (contre 6624 samedi).

Ambre Lepoivre