BFMTV

"On a été mis en danger": à Neuilly-sur-Marne, la détresse des soignants d'un hôpital psychiatrique

A l'hôpital psychiatrique de Ville-Evard, à Neuilly-sur-Marne, en Seine-Saint-Denis, les soignants affirment manquer de matériel de protection et de moyens humains face à l'épidémie de coronavirus.

Les services psychiatriques ne sont pas épargnés par la crise sanitaire. A l'hôpital Ville-Evrard de Neuilly-sur-Marne, c'est un véritable cri de détresse que lance le personnel soignant: les quantités de masques, gants et gels sont insuffisantes tandis que 80% des soignants d'un service sont actuellement en arrêt maladie en raison du covid-19. 

"On n'a pas de masques, pas de sur-blouses. Il y a une unité où nos collègues sont plus que quatre à travailler. On nous demande de les remplacer", confie une salarié de l'hôpital à BFM Paris.

Au travail "la boule au ventre"

Pour pallier les absences, des remplaçants et des étudiants en formation ont été appelés en renfort. Mais cette réorganisation forcée accentue l'insécurité, dans des unités où les patients sont souvent suivis depuis plusieurs années par les mêmes équipes. 

"On va au travail la boule au ventre en se demandant: 'Qu'est-ce qu'on va avoir pour travailler? Qu'est-ce qu'on va nous donner? Où on va aller travailler? Qui va être malade? Qui va être encore là?' C'est vraiment un sentiment d'insécurité, d'abandon et de colère", s'agace une autre soignante auprès de BFM Paris.

"Cette épidémie a mis à terre notre équipe soignante", renchérit un autre salarié. "Nous avons tous été mis en danger, nous avons mis nos familles en danger et nous avons mis les patients en danger", selon lui. 

Suffisamment de matériel selon la direction

De son côté, la direction conteste les chiffres avancés sur les absences. "Je comprend parfaitement que dans un premier temps il puisse y avoir cette peur. Mais en réalité tous ont été remplacé. Dans le service pour prendre en charge les patients, on avait l'équipe qui fallait", assure Sophie Albert, directrice générale de l'hôpital. 

La direction ajoute que par ailleurs le service dispose aujourd'hui de suffisamment de stock de matériel de protection, bien que dans un premier temps ces équipements ont été livrés en priorité aux services de réanimation.

Benjamin Rieth