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Obésité: l'exercice physique est bénéfique dans tous les cas

Personnes obèses. (illustration)

Personnes obèses. (illustration) - AFP

Des chercheurs de l'université de Copenhague ont montré que l'indice de masse corporelle (IMC) ne faisait pas tout. L'adiposité abdominale, qui peut être combattue par l'exercice physique, est capitale pour définir la forme physique d'une personne.

Les chercheurs de l'Université de Copenhague, au Danemark, voulaient comprendre. Comment se fait-il que 30% des personnes obèses sont, d'un point de vue métabolique, en bonne santé? Et la bonne forme physique considérée indépendamment de l'obésité joue-t-elle un rôle dans cet état de fait? Dans leur étude publiée dans la revue scientifique en ligne PLOS One, les scientifiques explorent avec succès l'hypothèse que le tour de taille, souvent lié avec les désordres métaboliques les plus graves, influe énormément sur la santé du sujet.

Dès lors, même en cas d'indice de masse corporelle (IMC) élevé, un obèse pratiquant une activité physique peut faire baisser de manière très bénéfique son niveau d'adiposité abdominale et viscérale. Sans devoir être écarté, car il reste un indicateur intéressant pour les personnes sédentaires, l'IMC ne dit donc pas tout de la santé d'une personne plus active. En somme, le tour de taille doit être incorporé aux calculs de risques sanitaires. 

Pour parvenir à ces conclusions, les chercheurs ont analysé les données de 11.000 personnes, sélectionnées pendant une enquête nationale de santé publique 2007-2008. Dans ce panel, on trouve 4700 hommes et 6300 femmes. Au cours de cet examen, le poids corporel, la taille et le tour de taille ont été mesurés et des échantillons de sang ont été prélevés.

Gros, mais en bonne santé?

Ces participants ont également complété des tests ergométriques de cycle maximal, qui ont permis d'évaluer l'absorption maximale d'oxygène (V02max) en tant qu'indices de condition physique. Enfin, la protéine C-réactive (CRP) a été mesurée comme un "marqueur non spécifique de l'inflammation interne". En effet, les personnes obèses souffrent d'une inflammation chronique interne, et la protéine CRP produite par le foie en réaction à celle-ci permet de mesurer en retour le degré d'inflammation.

Il ressort de ces mesures que du point de vue de leur IMC, 44% des hommes et 26% des femmes étaient en surpoids, et respectivement 9% et 7% concernés par l'obésité (avec une IMC de 30 ou plus). Quant à leur tour de taille, la moyenne s'établissait à 94 centimètres pour les hommes et 83 centimètres pour les femmes.

Les auteurs de l'étude ont réussi à déterminer que, peu importe l'IMC, moins le tour de taille était élevé, plus les personnes étaient en bonne forme physique. A l'inverse, le niveau de protéines CRP augmentait avec le tour de taille, signe d'une multiplication des risques de maladies cardiovasculaires ou de diabète.

Par précaution, les chercheurs insistent sur le fait que si les indicateurs métaboliques peuvent être de bon augure pour la santé future d'une personne indépendamment de son IMC, s'il est donc possible d'être en un sens "gros mais en bonne santé", d'autres complications peuvent frapper les obèses. Ainsi, les douleurs articulaires, l'arthrite, l'apnée du sommeil... Conclusion, la pratique d'une d'activité physique adaptée, quels que soient votre poids et votre corpulence, s'avérera bénéfique.

David Namias