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Misophonie: quand les bruits rendent fou

Bruits de bouche, tapotement de clavier ou tic-tac d'une horloge, la misophonie se traduit par la haine de certains sons. Des techniques existent pour lutter contre ce trouble.

C'est un trouble dont souffriraient 3 à 5% des Français. La "misophonie" se traduit par la haine de certains sons. Bruits de respiration, de mastication ou encore tic-tac d'une horloge, ces sons sont vécus comme un agacement, voire une souffrance pour certains. 

"Je bloque dessus"

L'acteur Bruno Salomone souffre de ce trouble. Celui qui a récemment publié le livre Les Misophones, explique sur notre antenne l'irritabilité liée à certains sons:

"C'est le principe de la goutte d'eau, qui revient tout le temps. A priori c'est un bruit joli mais si ça dure un certain temps, je ne peux pas, je bloque dessus et je vais chercher où est cette goutte d'eau. C'est plein de petits bruits qui sont anodins pour la plupart des gens mais qui sont sournois", confie l'acteur.

Stratégies d'exclusion

La misophonie n'est pas reconnue comme une maladie mais comme un trouble psychique pouvant entraîner des comportements asociaux: agacement, agressivité verbale, ou isolement, dans les cas les plus extrêmes, explique à BFMTV, Philippe Metzger, audioprothésiste:

"Si la misophonie n'est pas très accentuée, la personne vivra très bien. Elle sera simplement un peu gênée par certains bruits qui vont lui paraître pénibles. Pour d'autres qui sont vraiment gênés, cela va aller jusqu'à des stratégies dites d'exclusion. Ils vont fuir tous les lieux où il pourrait y avoir ce bruit, par exemple, les repas entre amis ou en famille".

Une étude publiée en 2017 des chercheurs de l'université de Newcastle avait fait remarquer que l'imagerie cérébrale des personnes atteintes de misophonie présente une anomalie dans le mécanisme de contrôle émotionnel, ce qui amène leur cerveau à réagir excessivement à l'écoute de ces sons.

Solutions thérapeutiques

Cette activité cérébrale serait liée à des connexions neurologiques différentes à partir du lobe frontal, ce qui entraîne une augmentation de la fréquence cardiaque et de la sudation.

Pour vivre avec ce trouble, cette même étude proposait des solutions thérapeutiques qui consistent à identifier la signature cérébrale de ces sons déclencheurs puis tenter un traitement tel que le neuro-feedback. Cette technique consiste à utiliser un processus d’apprentissage pour entraîner le cerveau à modifier et à réguler son activité cérébrale.