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Les sénateurs refusent d'imposer 20% de bio dans les cantines

Un enfant déjeune dans une cantine scolaire. (Illustration)

Un enfant déjeune dans une cantine scolaire. (Illustration) - Romain Perrocheau - AFP

Les sénateurs réfractaires estiment que le taux est trop difficile à atteindre, alors que les députés avaient voté le texte à l'unanimité.

"Un manque de vision incompréhensible" pour les organisation de défense de l'environnement. Les sénateurs ont refusé mercredi soir d'imposer 20% de produits bio dans les cantines d'ici 2020. Le vote sur la proposition de loi écologiste n'a pu avoir lieu en raison de la multiplication des interventions des opposants au projet, notamment Républicains (LR).

Cela conduit à reporter "aux calendes grecques" une loi votée par l'Assemblée nationale à l'unanimité en première lecture en janvier, déplore la Fondation Hulot (FNH).

"Les sénateurs ont fait preuve d'un manque de vision et de courage politique, alors même qu'une meilleure alimentation est plébiscitée par les consommateurs et que la France continue de s'embourber dans ses objectifs de réduction des pesticides", dénonce la FNH.

2,7% du contenu des assiettes

"Tous les acteurs s'accordent à dire que la restauration collective peut jouer un rôle majeur pour structurer une agriculture de qualité dans nos territoires", ajoute-t-elle. "Les parents apprécieront le jeu de postures de sénateurs", souligne Agir pour l'environnement. A ce jour, la part de bio en réfectoire ne représente que 2,7% du contenu des assiettes, rappelle l'association.

Les sénateurs réfractaires avancent que c'est "une norme contraignante" pour les élus. "Ces seuils sont difficiles à atteindre pour les producteurs français", a fait valoir mercredi le sénateur LR Alain Vasselle, dénonçant "une opération politique des Verts".

"On entend souvent que les grandes communes ont du mal à passer au bio. Mais les cantines de Grenoble ou de Bordeaux le sont déjà à 30%, celles des départements de la Drôme ou des Pyrénées-Atlantiques à 20%", cite Gilles Pérole, de l'association Un Plus Bio qui depuis 2002 oeuvre pour l'évolution de la restauration collective.

Les défenseurs du texte soulignent que moins de 400.000 ha suffiraient à fournir le quota de 20%. L'agriculture bio représente 1,3 million d'ha en France et 220.000 ha ont été convertis uniquement en 2015. Ce débat a eu lieu au lendemain de la publication par le gouvernement de chiffres montrant une nouvelle progression des pesticides dans les campagnes françaises: +9,4% de 2013 à 2014 (après un bond de 9% déjà l'année précédente).
la rédaction avec AFP