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"Le risque est trop important": des maires de Seine-Saint-Denis refusent la réouverture des écoles le 11 mai

À Stains, Bobigny ou encore Saint-Ouen, les maires expliquent ne pas être en mesure d'assurer la sécurité des écoliers et du personnel.

Un risque sanitaire trop important. C'est ce que dénoncent de nombreux maires de Seine-Saint-Denis, qui refusent de rouvrir les écoles de leurs communes le 11 mai prochain, date prévue pour le début du déconfinement, comme annoncé par le gouvernement.

C'est notamment le cas d'Azzedine Taibi, maire de Stains. Interrogé ce mardi par BFM Paris, l'élu PCF estime ne pas être en mesure d'ouvrir les écoles de sa ville dans deux semaines.

"En ce moment, le risque sanitaire est trop important et je ne suis pas en mesure de garantir la sécurité et la santé des enfants, de nos enseignants et de notre personnel communal", déclare le maire de Stains. Je ne veux pas mettre leur vie en danger."

"Très franchement, on ne peut pas mettre en danger la vie des habitants simplement pour faire plaisir au Medef", dénonce également Azzedine Taibi, qui estime que l'organisation patronale "fait pression" pour que "les travailleurs reprennent leur activité".

Le maire PCF assure tout de même avoir entamé "un véritable travail entre nos services, les élus et l'inspection académique pour trouver des alternatives et permettre que ces enfants soient accompagnés, soutenus, au moins jusqu'à cet été".

Des crèches et écoles également fermées à Bobigny, Saint-Ouen...

Impossibilité de faire respecter les gestes barrières aux jeunes enfants, classes trop nombreuses, absence de dépistages, manque de matériel de protection... Autant d'éléments dénoncés également ailleurs sur l'échiquier politique de Seine-Saint-Denis, par les maires centristes de Bobigny, Drancy, Saint-Ouen, Noisy-le-Sec, Le Bourget, Livry-gargan, Coubron et Le Raincy.

Ils sont ainsi huit à avoir envoyé une lettre au préfet et à l'Education nationale, comme l'indique Le Parisien, pour annoncer que les crèches et les écoles maternelles "resteront fermées jusqu'en septembre".

"Nous exigeons que tous, enfants et adultes, disposent de protections", écrivent les maires de ces villes, ce qui n'est pour l'instant pas le cas, selon leurs dires. "Nous refusons de mettre les enfants et les agents en danger, et de relancer l'épidémie de coronavirus!"

La Seine-Saint-Denis et l'Ile-de-France ne sont pas les seules zones concernées par de telles mesures. Dans l'Oise, dans le Nord, le Haut-Rhin, des maires ont d'ores et déjà annoncé que, pour des raisons de sécurité sanitaires, leurs écoles de rouvriraient pas non plus le 11 mai prochain.

Juliette Mitoyen