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La faculté de médecine de Lille suspend son diplôme d'homéopathie

La faculté de médecine de Lille attend que la Haute autorité de santé se prononce sur cette pratique

La faculté de médecine de Lille attend que la Haute autorité de santé se prononce sur cette pratique - FRED TANNEAU, AFP/Archives

Le doyen de l'université a pris la décision de suspendre les enseignements dans l'attente des résultats de l'évaluation menée par la Haute autorité de santé sur cette pratique.

C'est vraisemblablement l'une des conséquences de la polémique autour de l'efficacité, réelle ou supposée, de l'homéopathie. La faculté de médecine de Lille a annoncé vendredi suspendre son diplôme d'homéopathie pour l'année universitaire 2018-2019 dans "l'attente de la position" de la Haute autorité de santé (HAS).

"La faculté de médecine de Lille décide de suspendre son diplôme d’université d’homéopathie pour l’année universitaire débutante dans l’attente de la position de la HAS et d’échanges nationaux sur l’encadrement de cette pratique et de son enseignement", peut-on lire sur le compte Twitter de la faculté.

Cette position a été prise "dans le cadre d'une réflexion scientifique et pédagogique", a précisé à l'AFP le doyen de l'université, Didier Gosset.

"Force est de constater que nous enseignons une médecine fondée sur les preuves - on tient à une rigueur scientifique, absolue -, et force est de constater qu'en parallèle l'homéopathie n'a pas évolué, que c'est une doctrine qui est restée en marge du mouvement scientifique, que les études sont rares sur l'homéopathie, qu'elles sont peu solides" a-t-il affirmé, ajoutant que maintenir cet enseignement serait "le cautionner".

Une décision similaire avait été prise en 2009 par le doyen de l'université de Bordeaux.

Un avis attendu pour février

Le débat sur l'utilité de l'homéopathie a ressurgi avec vigueur en France, numéro un mondial des préparations homéopathiques, depuis la publication mi-mars dans Le Figaro d'une tribune au vitriol d'une centaine de médecins opposés à cette pratique et réclamant l'arrêt de sa prise en charge partielle par l'assurance maladie.

Cette tribune attaquait les "médecines alternatives", dont l'homéopathie, pratiquées selon les signataires "par des charlatans en tout genre qui recherchent la caution morale du titre de médecin pour faire la promotion de fausses thérapies à l'efficacité illusoire". Des médecins favorables à l'homéopathie ont répliqué en portant plainte devant le Conseil de l'Ordre des médecins contre les signataires.

Le ministère de la Santé a saisi la Haute autorité de santé pour évaluer l'efficacité de l'homéopathie et le bien-fondé de son remboursement. Son avis devrait être rendu d'ici fin février.

Claire Rodineau avec AFP