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Implants Essure: près de 200 plaignantes veulent le retrait de ce contraceptif définitif 

Troubles neurologiques, hémorragies, douleurs: un implant contraceptif irréversible inquiète. Des centaines de patientes se plaignent de graves effets secondaires. BFMTV a rencontré l'une d'entre elles.

La crainte d'un nouveau scandale sanitaire en France. Plusieurs centaines de femmes qui portent un implant Essure, contraceptif irréversible, se plaignent de sérieux effets secondaires: troubles neurologiques, hémorragies, douleurs musculaires. C'est le cas Nathalie, qui s'est fait poser ce dispositif de stérilisation en octobre dernier.

"Je vis un enfer"

"À 32 ans, j'avais déjà trois enfants. Je ne voulais plus d'enfant et pour raisons de santé, il était nécessaire que j'aie ce dispositif", indique cette mère de famille à BFMTV. "On m'a dit qu'il n'y aurait pas de douleur, que ça serait vraiment top."

L'implant Essure consiste en un petit ressort implanté sous anesthésie locale par les voies naturelles dans les trompes, rendant définitivement impossible toute fécondation. Un procédé remboursé intégralement par l'Assurance maladie, tout en étant moins contraignant que la ligature des trompes. Depuis 2002, quelque 120.000 femmes y ont eu recours mais certaines patientes, comme Nathalie, disent souffrir d'effets secondaires.

"J'ai l'impression d'être dans un scaphandre et qu'à tout moment, ça peut péter. J'ai une tension haute et l'impression d'être à 200 volts. Mais à côté de ça, je suis très fatiguée. Je vis un enfer."

"Il faut que le dispositif soit retiré du marché"

Près de deux cents femmes envisagent une action en justice. Pour Charles-Joseph Oudin, avocat de trois patientes qui ont rendez-vous avec la justice lundi prochain, le principe de précaution doit primer.

"Si ces questions se posent, il faut que le dispositif soit retiré du marché momentanément", a-t-il réclamé sur BFMTV. "Évitons que dans deux ans, on vienne se dire: 'on aurait dû suspendre la commercialisation du produit'."

L'avocat a expliqué à LCP.fr lancer trois assignations en référé, au civil, contre Bayer, le géant mondial pharmaceutique qui commercialise le contraceptif, et demande des expertises médicales. "Ce serait une façon d'afficher sa bonne volonté", a-t-il expliqué. Une association de patientes sera également reçue vendredi au ministère de la Santé.

Plusieurs milliers de signalements aux États-Unis

Le dispositif fait pourtant l'objet d'une surveillance renforcée depuis deux ans par l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (Ansm). Une note de cette agence avait évoqué des "douleurs abdominales ou pelviennes, saignements, cas de grossesses extra-utérines, de risque de perforation des trompes de Fallope ou de l'utérus". 

Selon LCP.fr, "cette alerte a été provoquée par un nouveau rapport d'étude du laboratoire Bayer communiqué à l'Ansm, et par des informations de la FDA (l'Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux) qui a reçu plusieurs milliers de signalements aux États-Unis, où une action judiciaire est en cours".

Mais pour la Haute Autorité de santé, ces effets indésirables résultent de la pose et non du dispositif en lui-même. De son côté, Bayer a estimé dans un communiqué de presse que "la sécurité et l'efficacité de la méthode Essure ont été confirmées par plus d'une décennie de recherches scientifiques, ainsi que par l'expérience clinique". Les résultats d'une étude épidémiologique menée par l'Ansm sont attendus au premier trimestre 2017.

C.H.A. avec Tanguy de Lanlay