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Île-de-France: ce que les eaux usées disent de la diffusion de l'épidémie de coronavirus

L'étude des échantillons prélevés dans les stations d'épuration donne une indication sur la propagation du Covid-19 et permet d'anticiper l'évolution de sa circulation.

Taux d'incidence, taux d'hospitalisation, taux d'hospitalisation en réanimation... Les indicateurs témoignant de l'évolution de l'épidémie de coronavirus sont légion. Si l'analyse des eaux usées n'est pas le plus connu, il n'en reste pas moins un outil d'intérêt. En Île-de-France, les scientifiques collectent les données de pas moins de 150 stations d'épuration.

L'antenne de Colombes (Hauts-de-Seine), qui reçoit les eaux usées d'un millon d'habitants, se prête au jeu des prélèvements depuis six mois. Prélévés et versés dans des flacons, les échantillons sont ensuite envoyés vers des laboratoires, où ils sont analysés.

Les données des stations scrutées tout l'été

"Le Covid est rejeté par nos sécrétions, donc forcément il se retrouve dans nos eaux usées, rappelle Sam Azimi, directeur adjoint en charge de l'innovation au Service public de l'assainissement francilien (IAAP). On cherche les traces du virus au travers de son ARN (acide ribonucléique, ndlr) pour savoir s'il était là, s'il est présent et en quelle quantité".

"En suivant ces stations tout l'été, on a pu montrer que les concentrations de virus dans les eaux usées ont augmenté jusqu'à atteindre ces dernières semaines les mêmes niveaux que ceux qu'on a connus pendant la première vague, relève Vincent Maréchal, professeur de virologie à la Sorbonne. Ce que ça démontre également, c'est que l'on peut anticiper la circulation ou la re-circulation du virus dans une population."

À l'avenir, l'étude des eaux usées pourrait ainsi permettre de tirer la sonnette d'alarme avant l'arrivée d'une hypothétique nouvelle vague.

Florian Bouhot Journaliste BFM Régions