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Hospitalisations, réanimations, morts: une situation plus critique qu'à la mi-mars

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Photo d'illustration - Philippe Lopez

Emmanuel Macron a annoncé mercredi le retour du confinement pour l'ensemble du territoire français à compter de la nuit de jeudi à vendredi. Si la décision est similaire à celle prise le 16 mars, les situations sanitaires sont bien différentes.

Mercredi soir, Emmanuel Macron a annoncé le retour, à compter de la nuit de jeudi à vendredi, d'un confinement pour l'ensemble du territoire français, comme sept mois plus tôt. Tout invite à comparer les deux séries de chiffres ayant poussé l'exécutif à demander, dans un cas comme dans l'autre, à la population de se claquemurer. Les dynamiques à l'œuvre paraissent parfois plus inquiétantes en ce cœur de l'automne qu'au début du printemps dernier.

La deuxième vague "sera sans doute plus dure et meurtrière que la première", a d'ailleurs averti Emmanuel Macron.

Le nombre de cas de coronavirus passés ou présents enregistrés par l'agence Santé Publique France était de 1,235 million de cas ce mercredi soir contre 6378 cas avérés le 15 mars et 6633 le lendemain. Mais cette opposition brute n'a pas grand sens dans la mesure où il s'agit de cumuls et que les dépistages étaient relativement peu nombreux en mars (36.747 au total au 15 mars contre 1,9 million par semaine à présent). Mais la courbe actuellement suivie par la maladie prend un tour particulièrement préoccupant avec 36.437 nouveaux cas au cours des dernières 24 heures. L'agence Santé Publique France a même recensé plus de 52.000 nouveaux cas entre samedi et dimanche.

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Explosion du nombre de cas de réanimation

La différence en termes d'hospitalisations est très nette. Là où on comptait 1908 personnes hospitalisées à la mi-mars, Santé Publique France a jaugé à 15.177 la statistique des nouvelles hospitalisations au cours des sept derniers jours.

Parmi ce contingent, on évoque 2145 admissions en réanimation au cours de la dernière semaine écoulée. Cette nouvelle donnée porte à 3036 le nombre de personnes en réanimation pour le moment.

Dans son allocution, le chef de l'Etat a prévenu que ce chiffre allait exploser: "Quoi que nous fassions, 9000 patients seront en réanimation à la mi-novembre."

Au 15 mars, 285 patients avaient déjà connu les services de réanimation. Au 18 mars, ils étaient déjà 826 à y être alités.

L'examen du nombre des morts révèle des tendances similaires. Le 15 mars, la France déplorait 161 morts depuis le début de la crise dont 21 durant la dernière journée écoulée. La France compte désormais 35.785 décès dûs au coronavirus, dont 244 au cours des dernières 24 heures. L'hécatombe a été particulièrement importante mardi avec 527 morts.

"Au niveau des 26-27 mars"

Le taux de positivité des dépistages était en revanche bien supérieur le 15 mars dernier: 25% contre 18,6% actuellement, malgré, donc, un nombre de tests bien inférieur au début du printemps.

Dans La Dépêche du Midi, Guillaume Rozier, fondateur de Covid Tracker, site compilant les données de la diffusion du virus, a cependant tenu à nuancer mercredi: "Il me semble prématuré de dire que la deuxième vague sera plus dure, mais elle sera au moins aussi dure que la première. (...) On est aujourd’hui au niveau équivalent au 26 et 27 mars, où on avait plus de 16.000 hospitalisations et près de 2000 personnes en réanimation".

Robin Verner
Robin Verner Journaliste BFMTV