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Faut-il rendre le futur vaccin contre le Covid-19 obligatoire?

Un patient en train de se faire vacciner photo d'illustration)

Un patient en train de se faire vacciner photo d'illustration) - Pascal Pochard - Casabianca

Aucun vaccin contre le Covid-19 n'est encore au point, mais le débat pour le rendre obligatoire est déjà lancé. Contrairement aux États-Unis ou à la France, l'Australie a fait savoir mercredi qu'un vaccin serait imposé dans le pays.

L'Australie a lancé, mercredi, le débat sur la nécessité pour les pays de rendre obligatoire le futur vaccin contre le coronavirus, alors que des contaminations repartent à la hausse et que les restrictions se multiplient dans le monde.

"Se faire vacciner devrait être obligatoire", a déclaré le Premier ministre australien Scott Morrison à la radio de Melbourne. "Il y a toujours des exemptions à la vaccination, pour des raisons médicales, mais cela devrait être la seule", a-t-il ajouté.

Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), 168 candidats vaccins contre le Covid-19 sont actuellement en développement, mais aucun n'est encore prêt à être commercialisé. Le pape François a fait part de son souhait que les futurs vaccins ne soient pas destinés prioritairement "aux plus riches".

Recrudescence du virus dans le monde

La pandémie de coronavirus a fait plus de 780.000 morts dans le monde depuis fin décembre, et plus de 22 millions de cas d'infection ont été officiellement diagnostiqués, selon un bilan établi mercredi par l'Agence France-Presse (AFP) à partir de sources officielles.

L'Australie s'est assuré d'obtenir un vaccin "prometteur" grâce à un accord passé avec le groupe pharmaceutique suédo-britannique AstraZeneca. Devançant les critiques des mouvements anti-vaccin, Scott Morrison a affirmé que les enjeux étaient trop grands pour permettre à la maladie de continuer à se propager librement.

"Nous parlons d'une pandémie qui a détruit l'économie mondiale et provoqué des centaines de milliers de morts dans le monde", a défendu le Premier ministre australien.

Le Conseil scientifique défavorable à l'idée

En France, l'idée a déjà été balayée du revers de la main. Le 9 juillet dernier, le Conseil scientifique s'était prononcé contre la vaccination obligatoire, ne la jugeant "ni souhaitable ni envisageable", et lui préférant une "vaccination organisée". "Le ciblage des populations prioritaires est crucial", détaillait le Conseil, préconisant de vacciner les personnes prioritaires dans un premier temps.

Dans cet avis, le Conseil scientifique pointait du doigt la "réticence à la vaccination" des Français", tout en rappelant le fiasco de la campagne de vaccination de 2009 contre la grippe.

Un groupe mixte multidisciplinaire constitué d'experts a ainsi été mis en place afin de réfléchir à un stratégie vaccinale nationale, et un autre avis daté du 27 juillet précisait que ces pistes n'étaient que des "réflexions préliminiaires, ayant vocation à être poursuivies par la Haute autorité de Santé publique et par le Haut conseil de la santé publique.

"On ne peut pas forcer les gens à se vacciner"

Aux États-Unis, le docteur Anthony Fauci, directeur de l'Institut américain des maladies infectieuses, a fait savoir mercredi que le pays ne rendrait pas obligatoire tout futur vaccin, ce qui n'exclut toutefois pas des obligations locales pour les enfants.

"On ne peut pas obliger, ou tenter de forcer les gens à se vacciner, nous ne l'avons jamais fait", a déclaré le docteur Fauci, membre de la cellule de la Maison Blanche sur le virus, lors d'un échange vidéo organisé par l'université George Washington.
Jeanne Bulant avec AFP Journaliste BFMTV