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Essai thérapeutique à Rennes: "Il y a un souci de santé publique", dénonce le frère du patient décédé

Guillaume, un volontaire de l'essai thérapeutique mené par Biotrial pour le compte du laboratoire Bial, est décédé le 17 janvier. Son frère, Laurent, veut obtenir des réponses.

La ministre de la Santé avait qualifié le drame d'"accident grave". Guillaume, un volontaire de l'essai thérapeutique mené par la société Biotrial pour le compte du laboratoire Bial, avait trouvé la mort au CHU de Rennes le 17 janvier dernier. Aujourd'hui, ses proches sortent du silence et veulent connaître la vérité.

"Je veux savoir, nous voulons savoir, parce que je m’exprime aussi au nom de ma famille, mes frères et sœurs, mon père et ma mère, et nous avons besoin de savoir", confie à BFMTV, Laurent le frère de la victime. Le 17 janvier, Guillaume, qui se trouvait en état de mort cérébral depuis quelques jours, était décédé. Depuis trois enquêtes ont été ouvertes.

"Certes, mon frère est décédé mais je crois qu’il y a un souci de santé publique derrière et je pense qu’il est temps aussi de dire aux laboratoires qu’ils ne peuvent pas faire tout et n’importe quoi et surtout de ne pas se prendre pour des alchimistes, des magiciens", poursuit Laurent.

Son frère, joker de l'essai

Les interrogations de la famille du patient décédé portent notamment sur la prises en charge de Guillaume qui avait fait part aux responsables de l'essai clinique de ses troubles de santé. "On ne sait pas ce qu’il s’est passé entre le moment où Guillaume a exprimé avoir des effets secondaires, je pense qu’on peut l’appeler comme ça, et le moment où il s’est retrouvé en réanimation, questionne Laurent, qui détaille dans Le Parisien que son frère aurait dû être "remplaçant" dans cette étude.

Au lendemain du décès du volontaire ainsi que l'hospitalisation de cinq autres, trois enquêtes administratives et judiciaires ont été ouvertes. Un rapport rendu par des experts de l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a mis en cause la molécule testée avec un effet d'accumulation des doses administrées mais aussi les antécédents médicaux de certains volontaires. Plus tôt, on avait appris que des chiens étaient également mort lors de l'essai préclinique et que certains volontaires avaient souffert de lésions cérébrales au cours de l'administration de la molécule.

Enfin, la ministre de la Santé, Marisol Touraine, citant l'Inspection générale des affaires sociales (Igas), avait pointé du doigt trois "manquements majeurs" de la part de Biotrial. La société avait indiqué de son côté que "les supposés manquements identifiés dans le pré-rapport de l'Igas ne sont en rien la cause de l'apparition des effets indésirables graves constatés", et s'était dite "soulagée".

J.C. avec Margaux de Frouville