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En quoi consiste l'"oxygénothérapie renforcée", dont bénéficie Roselyne Bachelot?

Roselyne Bachelot - Image d'illustration

Roselyne Bachelot - Image d'illustration - -

La ministre de la Culture a été hospitalisée ce mercredi et a été placée sous "oxygénothérapie renforcée".

Déclarée positive au Covid-19 samedi dernier et hospitalisée ce mercredi, la ministre de la Culture a donné des nouvelles via Twitter ce jeudi, assurant être "prise en charge par des soignants exceptionnels" et avoir été placée sous "oxygénothérapie renforcée."

Une situation "légèrement dégradée"

Sur BFMTV, Bruno Megarbane, chef du service de réanimation médicale et toxicologique de l'hôpital Lariboisière, à Paris, a expliqué en quoi consiste ce traitement.

"Ce n'est pas une terminologie scientifique, mais très probablement cela désigne de l'oxygène à très haut débit. Ceci signifie que la situation de madame Bachelot s'est probablement légèrement dégradée, en tout cas l'oxygène à débit habituel auquel on est habitués avec un masque qui délivre de 10 à 12 litres minute d'oxygène ne semble plus suffisant pour permettre l'oxygénation de son sang en raison de son atteinte respiratoire par le Covid-19", commence-t-il.

Afin de palier ce manque, il convient alors de "procéder à une oxygénation avec des très hauts débits, qui peuvent aller jusqu'à 70 litres minute", quasiment "en oxygène pur sans pour autant procéder à une intubation et donc à une mise en coma artificiel de la patiente."

"Le palier avant l'intubation"

Dans le détail, cette thérapeutique "relativement nouvelle" est "très bien tolérée" par les patients. "La preuve, c'est que madame Bachelot peut correspondre avec vous par téléphone et nous écrire des messages."

"C'est une canule qu'on va placer au niveau des narines qui va délivrer ces très hauts débits d'oxygène qui ont pour but de passer le cap de cette insuffisance respiratoire aigüe sans pour autant aller vers l'intubation. Si la situation s'aggravait davantage, c'est le palier d'avant l'intubation. A ce moment-là il faudra procéder à une anesthésie générale et la mise sous respirateur artificiel, ce que l'on n'espère pas du tout", décrit encore Bruno Megarbane.

Pour ce spécialiste, l'état de santé de Roselyne Bachelot est pour le moment encourageant et ne présente pas d'inquiétudes.

"Pour le moment la situation est plutôt rassurante on va dire. Beaucoup de patients qui sont admis chez nous en réanimation sont traités par ces modalités et ne finissent pas intubés et ventilés. Actuellement, environ 35% des patients en réanimation sont sous ces types de procédés d'oxygénation à haut débit et une très grosse majorité d'entre eux finissent par s'améliorer sans palier d'intervention supplémentaire", poursuit-il.

Hospitalisation d'une dizaine de jours

Bruno Megarbane explique en outre que cette thérapeutique accompagne de plus en plus les malades atteints du Sars-CoV-2.

"Cela existait déja mais au cours de la première vague on ne savait pas si cela allait créer des aérosols de virus et contaminer des patients. On a préféré intuber plus tôt mais on a compris des choses, on va à l'intubation uniquement si la situation est extrêmement grave, comme un palier final de prise en charge. Il y a d'autres paliers comme ce dont bénéficie madame Bachelot, pour une personne qui reste consciente et vigilante, mais au lit", ajoute-t-il encore.

En guise d'ultime pronostic, le chef du service estime que l'hospitalisation de Roselyne Bachelot pourrait durer une dizaine de jours au total, comme cela avait été le cas pour Boris Johnson il y a plusieurs mois.

https://twitter.com/Hugo_Septier Hugo Septier Journaliste BFMTV