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En France, 5,4 millions de patients étaient sans médecin traitant en 2019

Consultation médicale à Ajaccio en Corse, le 6 octobre 2017

Consultation médicale à Ajaccio en Corse, le 6 octobre 2017 - PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP

Malgré une recherche active pour plus de la moitié d'entre eux, 5,4 millions de patients en France n'avaient pas de médecin traitant en 2019.

En France, 5,4 millions de patients n'avaient pas de médecin traitant en 2019, et ce malgré une recherche active pour plus de la moitié d'entre eux, souligne le directeur général de l'Assurance maladie, Nicolas Revel, dans un entretien au magazine spécialisé Le Généraliste à paraître ce vendredi, se disant "très attentif" à la situation.

"Il y a toujours eu, au cours des dernières années, environ 10% de patients sans médecin traitant", rappelle Nicolas Revel, reconduit à son poste début novembre pour un deuxième mandat de cinq ans. "En 2019, c'était le cas de 5,4 millions de patients", ajoute-t-il.  "Parmi eux, une part de patients plutôt jeunes et bien portants n'ont pas cherché à en trouver un", mais "plus de la moitié de nos concitoyens sans médecin traitant sont en recherche réelle d'un praticien attitré, faute souvent d'avoir pu en retrouver un au moment du départ à la retraite de leur généraliste", explique-t-il. 

"Nous sommes très attentifs à cette situation. D'autant que parmi les personnes concernées figure un nombre significatif de patients en ALD (affection longue durée), de plus de 70 ans ou souffrant d'une pathologie chronique", souligne-t-il. 

"Si nous ne faisons rien, cette tendance va s'accroître inéluctablement dans les prochaines années", prévient-il, appelant à une organisation collective.

Près d'un généraliste sur deux refuse de nouveaux de nouveaux patients

Selon une enquête de l'association UFC-Que Choisir publiée en novembre 2019, près d'un généraliste sur deux (44%) refuse de devenir le médecin traitant de nouveaux patients.

Mais pas question de revoir ce dispositif, indispensable à un meilleur remboursement, estime Nicolas Revel, jugeant au contraire qu'il faut le "conforter" pour "améliorer la prévention" et "le suivi des pathologies chroniques".

Mieux vaut selon lui permettre aux médecins d'accroître leur patientèle - la médiane pour les généralistes traitants est actuellement de 850 patients - , notamment grâce au déploiement des assistant médicaux, nouveau métier pour lesquels, "depuis septembre, un peu plus de 500 contrats ont été signés ou sont en passe de l'être (238 signés et 271 sont en cours)".

Pour autant, l'Assurance maladie n'entend pas appliquer une "double peine" aux patients qui ne trouvent pas de médecin traitant en les pénalisant financièrement, souligne Nicolas Revel. Chaque caisse "a donc identifié les patients dans cette situation et pris les mesures pour qu'ils ne soient pas impactés", assure-t-il.

R.Ga avec AFP