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Covid-19: selon l'Insee, la surmortalité a été deux fois plus importante chez les étrangers de France en 2020

Service de réanimation à l'hôpital de Bry-sur-Marne le 15 avril 2021

Service de réanimation à l'hôpital de Bry-sur-Marne le 15 avril 2021 - Anne-Christine POUJOULAT © 2019 AFP

L'écart s'est notamment creusé entre mars et avril 2020: les décès des personnes étrangères a ont augmenté de 49%, contre 23% chez celles nées en France par rapport à la même période de 2019.

Les personnes nées à l’étranger ont connu en 2020 en France une surmortalité par rapport à 2019 deux fois plus élevée que celles nées dans l'Hexagone, selon des statistiques de l’Insee publiées ce vendredi.

Si l'ensemble des décès ont augmenté de 9% (toutes causes confondues) en 2020 par rapport à l'année précédente, avec 669.000 morts, les étrangers vivant dans le pays ont particulièrement été touchés: +17% sur l'année, contre 8% pour les personnes nées en France.

"Pendant la première vague de la pandémie, la hausse des décès des personnes nées à l'étranger a ainsi été 2,1 fois plus forte en moyenne que celle des personnes nées en France", écrit l'Insee.

Forte hausse chez les personnes d'origine africaine

Sur l'ensemble de l'année 2020, ce sont les personnes originaires d'Afrique qui ont connu la plus forte surmortalité, avec une hausse de 21% par rapport à 2019 chez les personnées nées au Maghreb et de 36% chez celles nées dans un autre pays du continent. Les ressortissants asiatiques ont également connu une forte surmortalité, avec 29% d'augmentation.

Les Italiens, Espagnols et Portugais ont connu un bond de 11%, alors que les personnes originaires d'autres pays d'Europe (+5%) et d'Amérique ou d'Océanie (9%) enregistrent une hausse de la mortalité "proche de celle observée pour les personnes nées en France".

Un pic en mars et avril 2020

L'écart entre les personnes nées en France et les celles nées à l'étranger s'est particulièrement creusé pendant la période de mars et avril 2020, soit la période correspondant à la première vague de Covid-19. Sur ces deux mois, "toutes causes confondues, les décès de personnes nées à l’étranger ont augmenté de 49% par rapport à la même période en 2019, contre 23% pour les décès de personnes nées en France", détaille l'Insee.

Dans le détail, durant cette période de deux mois, la surmortalité a atteint un pic de 117% chez les personnes nées en Afrique hors Maghreb, 92% pour les ressortissants asiatiques, 55% chez les Maghrébins, 29% pour les personnes d'Amérique ou d'Océanie. Le taux de décès sur cette période chez les Italiens, Espagnols et Portugais (27%) et chez les personnes originaires d'autres pays d'Europe (28%) reste également proche de celui des personnes nées en France.

Lors de la deuxième vague de Covid-19, en automne 2020, la surmortalité des personnes nées à l'étranger reste plus importante que celle des personnes nées en France, mais l'écart "est moindre". Le ratio de la mortalité des étrangers "est plus modéré pour la deuxième vague (1,7 contre 2,1), même s’il demeure élevé", explique l'Insee.

Fanny Rocher avec AFP