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Covid-19: les femmes enceintes désormais prioritaires pour le vaccin dès 4 mois de grossesse

Une femme enceinte portant un masque chirurgical à Hong Kong (photo d'illustration).

Une femme enceinte portant un masque chirurgical à Hong Kong (photo d'illustration). - Anthony Wallace / AFP

Les femmes enceintes font désormais partie des publics prioritaires pour le vaccin contre le Covid-19 en France. Mais le manque de données les concernant a longtemps fait douter les autorités de santé.

Elles auront un créneau réservé au centre du vaccination du Stade de France. Les femmes enceintes de plus de quatre mois sont désormais éligibles à la vaccination en France, et ce depuis début avril. Ce vendredi, l'Agence régionale de Santé d'Île-de-France précise sur Twitter qu'elles sont invitées à se rendre sans rendez-vous au vaccinodrome de Seine-Saint-Denis, de 9h à 16h, du lundi au samedi.

Si une telle communication est nécessaire, c'est que l'inclusion des femmes enceintes parmi les publics prioritaires pour la vaccination n'allait pas de soi. Jusqu'en mars, elles en étaient exclues par la Haute Autorité de Santé (HAS), qui justifiait ce choix par un manque de données les concernant, dû à leur absence des essais cliniques menés pour les vaccins contre le Covid-19.

Privilégier les vaccins à ARN messager

Mais de nouveaux chiffres issus d'une étude américaine ont fait pencher la balance en faveur de la vaccination. Dans un avis diffusé le 2 mars, la HAS indique que "malgré l’absence de données suffisantes, au cours de la grossesse, l’administration des vaccins contre le Covid-19 chez la femme enceinte n’est pas contre-indiquée", et "doit être envisagée si les bénéfices potentiels l’emportent sur les risques pour la mère et le fœtus".

Un mois plus tard, "l’accès prioritaire à la vaccination contre le Covid-19 est élargi aux femmes enceintes, avec ou sans comorbidités, et ce à partir du deuxième trimestre de la grossesse", annonce la Direction générale de la Santé dans une note. À la grande satisfaction du Collège national des gynécologues et obstétriciens français (Cngof), qui appelait à l'ouverture de la vaccination pour ce public fragile.

De son côté, l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) reste prudente, et conseille d'évaluer "au cas par cas" le bien-fondé de la vaccination d'une femme enceinte.

La HAS recommande, elle, de privilégier les vaccins à ARN messager comme celui de Pfizer ou Moderna, "pour lesquels les études animales n’ont pas montré de conséquence sur le développement du fœtus", à ceux basés sur un vecteur viral comme celui d'AstraZeneca.

Pas de danger, selon le CRAT

Le Centre de Référence sur les Agents Tératogènes (CRAT), qui étudie les médicaments susceptibles d'avoir des effets néfastes sur la grossesse, indique dans sa note sur les vaccins contre le Covid-19 que "les vaccins à ARNm et à vecteur viral contre le Covid-19 étant dépourvus de pouvoir infectant, il n’y a pas lieu de craindre une infection embryo-fœtale par le SARS-Cov 2 lors d’une vaccination en cours de grossesse.

Elle conseille cependant, "compte tenu des données disponibles", de préférer un vaccin à ARNm et de ne pas commencer la vaccination avant le deuxième trimestre de grossesse.

Mais dans le cas où la grossesse est découverte après la première injection, "rien ne s’oppose à l’administration de la 2ème injection, selon le schéma vaccinal recommandé", conclut le CRAT. Ce dernier rassure également les femmes allaitantes, pour qui "une vaccination par vaccin à ARNm ou à vecteur viral contre le Covid-19 est envisageable", puisque "l’enfant allaité ne risque pas d’être infecté par le vaccin effectué à sa mère".

Samuel Kahn