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Covid-19: le masque FFP2 est-il utile pour le grand public?

Filtrants à 94%, les masques FFP2 sont sollicités pour mieux se protéger contre le variant britannique du Covid-19. Mais les scientifiques ne recommandent pas son usage pour le grand public.

Face au variant britannique plus contagieux, faut-il donner la priorité aux masques FFP2? Initialement réservés aux personnels soignants, les masques dits "becs de canard" ont une durée de vie de huit heures - contre quatre pour le masque chirurgical - et protègent le porteur en filtrant les aérosols à plus de 94%.

Alors que le variant britannique du Covid-19 circule sur le territoire français, cette protection attire. Pourtant, elle n'est pas recommandée pour le grand public. Dans son avis transmis dimanche à la Direction générale de la Santé, le Haut conseil de la santé publique (HCSP) rappelle que les masques FFP2 doivent rester le pré-carré des soignants qui sont en contact direct avec des personnes contaminées.

"Il n'est pas du tout recommandé en population générale", confirme ce mardi matin sur BFMTV Fabien Squinazi, médecin biologiste et membre du Haut Conseil de la santé Publique.

Des masques difficiles à supporter

Les FFP2 sont des masques extrêmement filtrants, à tel point qu'ils peuvent "entraîner des difficultés respiratoires. Le porter dans la vie courante me paraît une totale illusion", abonde sur notre antenne Jean-Paul Stahl, professeur émérite de médecine infectieuse au CHU Grenoble Alpes.

"Théoriquement il protège mieux, mais encore faut-il l’utiliser correctement et supporter son adhérence bien plus forte au visage. Pour ceux qui trouvent déjà gênant le masque chirurgical, le FFP2 sera un enfer. C’est un matériel de protection, pas un gadget", ajoute auprès de La Croix Alexandre Bleibtreu, infectiologue à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris. 

Si le masque FFP2 ne semble pas être la solution pour la vie courante, il pourrait en revanche s'avérer "cohérent dans les endroits clos où il y a une densité de population importante", estime sur BFMTV Mylène Ogliastro, virologue et chercheuse à l'INRAE. C'est en tout cas l'option retenue en Bavière, qui vient de l'imposer dans les transports en commun et les commerces.

Dans les transports en commun munichois, il est donc désormais obligatoire de porter un masque FFP2. Un mesure qui coûte cher car les "becs de canard" valent entre deux et cinq euros en Allemagne et au moins un euro en France (contre 10 centimes pour les masques chirurgicaux).

Ambre Lepoivre Journaliste BFMTV