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Covid-19: l'infectiologue Karine Lacombe s'attend à un mois de mars "extrêmement dur"

S'appuyant sur les modélisations, l'infectiologue reconnaît qu'il est envisageable que des mesures coercitives plus sévères que le couvre-feu soient bientôt nécessaires.

"L'épidémie progresse avec certitude", affirme Karine Lacombe. Invitée de BFMTV-RMC ce mercredi, la cheffe du service des maladies infectieuses et tropicales à l'hôpital Saint-Antoine (Paris) n'a pas fait montre d'optimisme quant à l'évolution de l'épidémie de Covid-19 dans les prochaines semaines.

"On n'est pas pour l'instant dans une augmentation foudroyante du nombre d'infectés et du nombre de décès, mais on voit que même si on a le sentiment d'être sur un plateau, on est plutôt sur un plateau légèrement ascendant et on craint effectivement, dans les semaines à venir, qu'on ait une augmentation bien plus importante", a prédit l'infectiologue.

Selon les dernières données de Santé publique France, 1995 personnes ont été hospitalisées ce mardi et 315 nouvelles admissions ont été recensées - des niveaux inédits depuis la mi-novembre.

"Casser cette dynamique"

Karine Lacombe a fait cette prévision plus inquiétante encore: "Les projections, les modélisations, nous mettent devant une certaine évidence, (...) que ce soit extrêmement dur, mars-avril, en particulier mars". Une étude préliminaire de l'Inserm prévoit en effet que le variant britannique du Covid-19, réputé plus contagieux, devienne "dominant" en France à cette période.

Il semble donc inéluctable qu'à l'instar de ses voisins, la France subisse une hausse du nombre de contaminations, une saturation de ses hôpitaux, ce qui nécessitera donc "plus de mesures coercitives que le couvre-feu" localement, dit-elle.

"On essaie de faire en sorte de casser cette dynamique, évidemment, avec toutes les mesures qui sont prises pour limiter la diffusion du virus et puis avec l'accélération, on l'espère, de la campagne de vaccination", a toutefois ajouté l'infectiologue.
Jules Pecnard Journaliste BFMTV