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Covid-19 en Île-de-France: l'ARS affirme qu'il faut "écraser la courbe" pour alléger la pression sur l'hôpital

Equipe de réanimation au chevet d'un malade du Covid-19 le 9 avril 2020, à l'hôpital franco-britannique de Levallois-Perret

Equipe de réanimation au chevet d'un malade du Covid-19 le 9 avril 2020, à l'hôpital franco-britannique de Levallois-Perret - LUCAS BARIOULET © 2019 AFP

Directeur général de l'antenne francilienne de l'Agence régionale de Santé (ARS), Aurélien Rousseau estime que tout doit être mis en œuvre pour faire baisser les chiffres, afin que les hôpitaux puissent reprendre "une activité normale".

Si le pic de la deuxième vague de l'épidémie de Covid-19 a sans doute été franchi, il faut maintenant "écraser la courbe", a déclaré ce vendredi à l'Agence France-Presse (AFP) le directeur de l'Agence régionale de Santé d'Île-de-France, Aurélien Rousseau. L'intéressé craint toutefois une "banalisation d'une présence massive et durable de patients Covid à l'hôpital".

"Il faut que les chiffres d'hospitalisation baissent, non seulement parce qu'un quart des personnes en réanimation meurent mais aussi parce qu'il faut que nous reprenions une activité normale", a expliqué Aurélien Rousseau, en référence au renoncement aux soins et aux déprogrammations.

"L'hôpital ne peut pas être la variable d'ajustement. On a été capable d'encaisser 1.000 patients en réanimation en Île-de-France mais ça ne sera pas possible dans la durée", a-t-il ajouté.

"C'est très long"

Pour pouvoir ne déprogrammer que 10 à 15% des opérations, soit la toute petite chirurgie, il faudrait, en Île-de-France, arriver à 500 malades en réanimation. "Un seuil que l'on ne pense atteindre qu'à la mi-janvier", précise le directeur de l'Agence régionale de Santé. "C'est très long", dit-il, soulignant que "le système de santé francilien, les soignants, encaissent des malades Covid depuis maintenant 8 mois".

Vendredi, le nombre total de patients atteints du Covid-19 hospitalisés en Ile-de-France s'élevait à 6.375 dont 952 en soins critiques (soit une occupation des lits de 84%). Près de 40% des actes sont déprogrammés.

Gagner du temps

"Nous savons que si on écrase la courbe, elle mettra derrière beaucoup plus de temps à remonter. Or le temps qu'on gagne, c'est du temps pendant lequel on améliore les traitements, on développe des moyens de prise en charge, le vaccin ...", ajoute Aurélien Rousseau.

Même si les indicateurs restent à des niveaux élevés, l'agence sanitaire Santé publique France a annoncé ce vendredi que le pic de la seconde vague de l'épidémie de Covid-19 en France avait vraisemblablement été franchi.

Si la baisse des indicateurs est "une bonne nouvelle" pour Aurélien Rousseau, elle a "un effet un effet direct sur les comportements des gens". "Sur le périphérique, ça circule plus qu'il y a une semaine", regrette-t-il, "alors que notre sujet, c'est d'écraser cette courbe".

F.B. avec AFP