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Covid-19: des traces du virus décelées sur des scanners dès le 16 novembre à Colmar

Le personnel médical au sein de l'unité Covid de l'hôpital Louis Pasteur de Colmar le 26 mars 2020.

Le personnel médical au sein de l'unité Covid de l'hôpital Louis Pasteur de Colmar le 26 mars 2020. - SEBASTIEN BOZON / AFP

En passant à la loupe l'ensemble des radios thoraciques de ces derniers mois, des radiologues de l'hôpital de Colmar dans le Haut-Rhin ont détecté des traces de Covid-19 sur des scanners datant de novembre dernier.

Aux quatre coins de la France, les médecins cherchent à savoir si le Covid-19 n'était pas en France bien avant qu'on ne le sache. A l'hôpital Albert Schweitzer de Colmar dans le Haut-Rhin, les médecins ont tenté de retrouver le ou les premiers cas de Covid-19 en passant en revue l'ensemble des scanners réalisés entre le 12 octobre 2019 et le 30 avril 2020, soit quelque 2456 radios thoraciques.

Selon Le Figaro, les médecins pensent avoir décelé plusieurs cas de coronavirus remontant au 16 novembre dernier, alors que l'épidémie n'était même pas connue en Chine. Il y a quelques semaines, d'autres médecins à Bondy en Seine-Saint-Denis affirmaient avoir trouvé un cas daté du 27 décembre 2019 en réanalysant des prélèvements PCR.

Plusieurs cas décelés de novembre à avril

Chacun des scanners est réétudié attentivement, puis les dossiers sont triés en trois catégories: "non évocateur Covid", "compatibles Covid", et enfin "typiques Covid" pour ceux qui en présenteraient tous les attributs. Pour que ces deux dernières mentions soient validées, Le Figaro explique que l'avis d'un second voire d'un tiers médecin est requis.

Ce travail de fourmi a permis à plusieurs radiologues de l'établissement hospitalier de mettre le doigt sur deux cas d'"anomalies typiques provoquées par le Covid-19" dès le 16 novembre 2019, puis 12 autres au mois de décembre, 16 en janvier 2020, "et ainsi de suite jusqu'à la phase épidémique", détaille le Pr Michel Schmitt, chef du service d'imagerie médicale de l'hôpital de Colmar dans son communiqué.

Les radiologues souhaitent désormais poursuivre leurs recherches, afin d'essayer de voir s'ils peuvent retrouver d'éventuelles traces du Covid-19 sur leurs scanners d'octobre 2019. Ils souhaitent aussi effectuer des analyses épidémiologiques sur les dossiers jugés "compatibles Covid" ou "typiques Covid", et rencontrer les patients en question de manière à "reconstituer leur histoire clinique, biologique, leur environnement et mode de vie, leurs voyages éventuels, les éventuels tests viraux réalisés bien plus tard", précise le professeur Schmitt. 

Jeanne Bulant