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Covid-19: 8 nouveaux départements sous cloche à 18h, avant le début d'une semaine décisive

Un dépistage de Covid-19 à Bagneux, dans les Hauts-de-Seine, samedi 9 janvier 2021

Un dépistage de Covid-19 à Bagneux, dans les Hauts-de-Seine, samedi 9 janvier 2021 - Geoffroy Van Der Hasselt - AFP

Alors que l'inquiétude augmente quant à la circulation du variant britannique en France, les jours à venir devraient par ailleurs permettre de mesurer l'impact des fêtes de fin d'année sur la propagation du coronavirus.

Huit nouveaux départements s'apprêtent ce dimanche à avancer leur couvre-feu à 18 heures, une mesure contestée mais jugée "nécessaire" pour tenter d'éviter un rebond de l'épidémie de Covid-19, alors que les inquiétudes grandissent face à la circulation du nouveau variant britannique.

La semaine s'annonce décisive pour évaluer la menace de cette version du coronavirus, réputée plus contagieuse, sur le territoire français. L'impact des fêtes de fin d'année, deuxième sujet de préoccupation, devrait aussi commencer à être connu.

Face à cela, huit nouveaux départements ont décidé d'avancer leur couvre-feu à 18 heures à compter de ce dimanche: le Cher, l'Allier, la Côte-d'Or, le Haut-Rhin et le Bas-Rhin, ainsi que le Vaucluse, les Alpes-de-Haute-Provence et les Bouches-du-Rhône. Ils rejoignent ainsi quinze autres départements, essentiellement de l'Est de la France.

Mardi, le Var et la Drôme viendront compléter la liste. Ils n'étaient pas initialement envisagés, mais une "aggravation brutale de la circulation du virus", selon Matignon, les a décidés.

La Haute-Savoie et l'Yonne conservent le couvre-feu à 20 heures

Malgré des indicateurs dans le rouge, les préfectures de Haute-Savoie et de l'Yonne ont en revanche maintenu leur couvre-feu à 20 heures comme le reste du territoire.

Le Premier ministre Jean Castex, en déplacement samedi à Tarbes (Haute-Pyrénées), a défendu des "mesures difficiles mais nécessaires face à une épidémie (qui) ne faiblit pas, ou qui se renforce dans certaines zones".

L'avancement du couvre-feu est contesté par des élus locaux, doutant de son efficacité sur le plan sanitaire et par craintes de retombées économiques.

"A 18 heures, la population à risque est déjà chez elle et on va mettre en difficulté les commerçants, les restaurants qui font de la vente à emporter, les stations-service, les boulangeries", a ainsi fait valoir le président des maires du Vaucluse, Jean-François Lovisolo, "très réservé".

Mêmes réserves à Marseille, émises d'une seule voix par la mairie, à gauche, et la région, à droite.

Le préfet des Bouches-du-Rhône a justifié sa décision notamment après la découverte d'un "probable" cluster du variant britannique. La mutation y a été identifiée au sein d'une famille française de cinq personnes, résidant au Royaume-Uni et venue à Marseille pour les fêtes, après un test le 31 décembre, a précisé l'Agence régionale de santé (ARS). Ensuite, 45 personnes contact ont été identifiées et 23 ont été testées positives au Covid-19.

"On n'y échappera pas"

En prenant en compte ce nouveau cluster, une quarantaine de cas de contamination par ce variant sont avérés en France (ainsi que trois autres par un variant différent initialement repéré en Afrique du Sud).

Mais il y a fort à parier que la mutation, qui semble 50% à 70% plus contagieuse, circule déjà activement, comme le redoute le chef du service des maladies infectieuses à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, Eric Caumes, selon lequel "on n'y échappera pas".

Pour y voir plus clair, une opération de dépistage massif s'est déroulée samedi à Bagneux, en banlieue parisienne, où le variant a été détecté vendredi.

A Roubaix, dans le Nord, débutera lundi une vaste campagne de tests PCR et antigéniques, comme au Havre fin décembre, avec cette fois-ci le variant en ligne de mire grâce à un séquençage génétique. Une enquête nationale a en outre été lancée pour faire une "première cartographie" de sa diffusion, selon Santé publique France, sur tous les tests positifs de jeudi et vendredi.

Le spectre de nouvelles restrictions

A l'aune des premiers résultats de ces tests, ainsi que des probables retombées des fêtes de fin d'année, de nouvelles restrictions pourraient être prises.

Sans prononcer le mot de "reconfinement", et tout en prévenant que les écoles ne devaient fermer qu'en cas de situation "gravissime", Jean Castex n'a pas exclu jeudi d'aller encore plus loin et de prendre des "mesures nationales supplémentaires".

Les indicateurs de l'épidémie restent inquiétants, avec des contaminations quotidiennes autour de 20.000 cas et un taux de personnes positives, en hausse, à 6,3%, selon les chiffres dévoilés samedi soir. La tension hospitalière ne baisse pas, avec 24.240 patients hospitalisés, dont 2600 en réanimation.

Sur le front des vaccins, après de vives critiques sur la lenteur au démarrage de la campagne, le ministre de la Santé Olivier Véran a affirmé que le pays passerait "probablement le cap symbolique des 100.000 Français vaccinés dans le week-end".

Jé. M. avec AFP