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Coronavirus: une surmortalité de 89% enregistrée en Île-de-France

Entre le 1er mars et le 30 avril 2020, 11.328 décès supplémentaires par rapport à la même période l'an dernier ont été constatés dans la région, en raison de l'épidémie de Covid-19.

11.328. C'est le nombre de décès supplémentaires recensés en Île-de-France entre le 1er mars et le 30 avril, par rapport à la même période en 2019. Une surmortalité de +89% liée à l'épidémie de Covid-19 qui s'élève même à +123% en Seine-Saint-Denis, le département le plus pauvre de la région. La carte des inégalités sociales semble ainsi s'être superposée à celle des patients infectés par le virus et des morts.

"Au cours du mois de mars 2020 et durant les premiers jours d'avril, la Seine-Saint-Denis a connu la plus forte évolution de mortalité d'Île-de-France en nombre de décès", par rapport à la même période l'année précédente, révélait début mai une étude publiée par l'Observatoire régional de santé Île-de-France.

L'épidémie s'est répandue avec les nombreux "travailleurs-clés", souvent précaires, qui représentent jusqu'à 12% des actifs en Seine-Saint-Denis. Sans possibilité de télétravailler, les agents de nettoyage, aide-soignants, caissiers et chauffeurs ont dû poursuivre leur activité malgré les risques de contamination, en particulier dans les transports en commun.

Emplois précaires et pathologies préexistantes

Outre l'emploi, le logement entre aussi en compte, les petits appartements favorisant la circulation du virus. "Les populations les plus vulnérables socialement sont celles qui habitent dans les grands ensembles collectifs, avec des parties communes fréquentées, plus d'enfants de bas âge (...) et des surfaces par mètre carré qui sont moins importantes" qu'ailleurs, explique Isabelle Grémy, directrice de l'Observatoire régional de santé (ORS). 

"Plus de 570.000 personnes vivent dans un ménage comptant moins d'une pièce par personne en Seine-Saint-Denis", ce qui rend les gestes barrière plus difficiles à respecter. 

La santé parfois plus fragile des populations vivant dans des quartiers populaires permet également d'expliquer cette surmortalité, souligne à notre antenne Frédéric Adnet, chef des urgences de l'hôpital Avicenne, situé à Bobigny. "Il y a une association très forte entre la pauvreté, l'obésité et le diabète qui sont deux facteurs de risques pour le coronavirus", rappelle-t-il.

Mélanie Rostagnat avec AFP Journaliste BFMTV