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Coronavirus: le test salivaire, possible outil de surveillance pour l'Académie de médecine

Un chercheur du laboratoire Sys2Diag à Montpellier travaillant sur un test salivaire le 30 avril 2020

Un chercheur du laboratoire Sys2Diag à Montpellier travaillant sur un test salivaire le 30 avril 2020 - Sylvain Thomas - AFP

L'institution préconise la réalisation d'une étude comparative avec les tests basés sur un prélèvement profond dans le nez.

Les tests salivaires pourraient contribuer à la surveillance de la circulation du nouveau coronavirus dans la population, selon l'Académie de médecine, qui préconise de faire une étude comparative avec les tests basés sur un prélèvement profond dans le nez.

Elle recommande de "procéder dès à présent à une étude épidémiologique limitée à deux départements des deux régions les plus impactées par l'épidémie (Île-de-France et Grand-Est)" avec ces deux modalités de tests virologiques pour dépister les porteurs du virus.

"Le virus circule toujours et une résurgence est possible d'ici quelques semaines à quelques mois", rappelle-t-elle. Et "la situation actuelle en Chine, en Inde ou au Portugal incite à la vigilance et à se donner les moyens de détecter au plus vite toute reprise épidémique".

L'importance de la détection des nouveaux foyers

La surveillance du virus repose actuellement en France sur la détection des nouveaux foyers et la recherche des cas contacts par des tests virologiques RT-PCR sur des prélèvements profonds dans le nez (rhino-pharyngés).

Cette stratégie est "efficace tant que le nombre de nouveaux foyers reste limité", estime l'Académie, instance conseillère des pouvoirs publics.

Réaction plus rapide

Des tests virologiques sur des échantillons représentatifs de la population de chaque département, effectués de façon répétée, permettraient de connaître le niveau de circulation du virus au jour des prélèvements et de réagir plus vite, explique-t-elle.

Les prélèvements rhino-pharyngés, qui restent la technique de référence pour le diagnostic du Covid-19, présentent toutefois des inconvénients en termes d'équipements et de personnel qualifié pour prélever correctement.

En outre, ils sont "désagréables voire douloureux pour le patient", ce qui peut induire des "refus de se faire tester par des personnes qui n'en ressentent pas le besoin". Le recueil de salive ou de crachats élimine ces inconvénients.

Par conséquent, "pour surveiller la circulation du SARS-CoV-2 afin de réagir vite et bien devant la menace d'une seconde vague", l'Académie nationale de médecine recommande de procéder à une étude comparative des deux modes de prélèvements (rhino-pharyngé versus salive ou crachat) effectués le même jour, en suivant un protocole précis pour les prélèvements de salive et de crachats, et l'analyse des échantillons. Cela pourrait être "complété si possible par un test sérologique".

Sur la base des résultats préliminaires obtenus dans les deux départements, elle suggère d'établir un modèle d'étude épidémiologique sur l'ensemble du territoire pour être en mesure de répondre immédiatement à une éventuelle reprise épidémique.

C.M. avec AFP