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Coronavirus: quels sont les différents tests disponibles pour se faire dépister? 

Un test sérologique (Photo d'illustration)

Un test sérologique (Photo d'illustration) - RIJASOLO / AFP

Si les autorités sanitaires soulignent que le plus sage reste de se tourner vers un test virologique RT-PCR, d'autres possibilités, moins fiables à l'heure actuelle, existent également.

Lors de son point de mardi soir, le Directeur général de la Santé Jérôme Salomon a été clair. Pour lui, afin d'enrayer l'épidémie de Covid-19, les Français doivent faire preuve de responsabilité et "se faire tester au moindre doute", afin d'entrer "dans un parcours de prise en charge médicale qui permettra au plus grand nombre d'être détecté vite, d'être détecté à temps." Le point sur les méthodes de dépistage au Covid-19 existantes. 

  • Les tests RT-PCR recommandés

Parmi les différents tests disponibles, les autorités sanitaires conseillent de se tourner vers les tests virologiques RT-PCR, qui selon Jérôme Salomon "sont fiables." À l'heure actuelle, 50.000 personnes sont testées de cette manière chaque jour en France. 

Depuis le 11 mai, date du début du déconfinement, et alors que ces tests étaient auparavant réservés aux personnes les plus fragiles, tous les Français peuvent y accéder en cas de symptômes ou de contact avec une personne malade.

Pour les cas les plus graves, les tests se déroulent à l'hôpital. En revanche, il est également possible de se faire dépister dans des laboratoires de ville ou par des équipes mobiles.

Le test consiste en un prélèvement des cellules nasales profondes à l’aide d’un écouvillon. Il peut être plus ou moins douloureux en fonction de la sensibilité des patients. D'un coût d'une cinquantaine d'euros, il est intégralement remboursé par la Sécurité sociale et les résultats sont donnés en moins de 24 heures. 

  • Les tests sérologiques pour le personnel médical

Outre les tests virologiques RT-PCR, il existe une seconde variété d'examens, sérologiques, qui permettent aux personnes testées de savoir si elles ont été, de manière asymptomatique ou paucisymptomatique, touchées par le Covid-19. Depuis la fin du confinement, les laboratoires sont d'ailleurs submergés par des Français qui veulent savoir s'ils ont développé des anticorps, après avoir été potentiellement infectés.

En réalité, ces tests, qui fonctionnent par une prise de sang et qui ne sont pas remboursés par la Sécurité sociale, sont surtout utiles pour le personnel soignant, afin de savoir s'ils ont développé une immunité. De fait, ces derniers pourront bénéficier "à compter de la semaine prochaine" de tests sérologiques sur prescription médicale, a annoncé mardi Oliver Véran, le ministre de la Santé. 

Sur BFMTV, Fabien Bianchi, docteur biologiste en charge de l'un de ces laboratoires qui effectue près de 400 tests quotidiens, a décrit le procédé des tests sérologiques. 

"Un automate (après une prise de sang, ndlr) prend un échantillon et va doser les anticorps présents dans le sérum du patient. Cet échantillon rouge est sorti positif avec un taux d'anticorps à 27,9. Ils ont un taux de résultats qui est proche de 100%, c'est à dire que si on détecte une sérologie positive, cela veut dire que ce patient, à près de 100%, a rencontré le virus", a-t-il expliqué. 
  • La fausse protection des tests sérologiques

Pour autant, la plupart des tests sérologiques n'ont pas encore été homologués par les autorités sanitaires et ne semblent pas donner de résultats entièrement fiables. Alain Ducardonnet, consultant santé de BFMTV, y voit une opportunité "un tout petit peu financière", et estime que leurs résultats pourraient donner un sentiment de fausse sécurité. 

"Le vrai problème de ces tests, et on comprend bien l'impatience des Français, c'est qu'on peut avoir un aspect qui est faussement positif. On vous dit que vous êtes positif, que vous êtes protégé, alors que vous ne l'êtes pas. Vous n'allez plus vous protéger et il y a là un risque de contamination", explique-t-il. 

Dans sa réflexion, il est rejoint par Serge Gilberg, vice-président du Collège de la médecine générale, qui évoque quant à lui un "dépistage sauvage." 

"Il y a des faux négatifs et des faux positifs, on est faussement rassurés, car on n'est pas sûrs d'être négatifs ou positifs, et donc pas sûrs d'avoir rencontré le Covid-19. Il y a des indications de la HAS (Haute autorité de santé, ndlr) pour l'utilisation des tests sérologiques, après deux PCR et qui est prescrite par le médecin. C'est un dépistage sauvage sans indications précises, avec des gens faussement rassurés, qui se pensent protégés, et qui baissent la garde", martèle-t-il. 
  • Vers des tests salivaires?

Alors que les recherches de vaccins battent leur plein, d'autres chercheurs sont actuellement occupés à développer des tests salivaires. Comme l'explique encore Alain Ducardonnet, un nouveau test est actuellement en cours à Montpellier, où un simple prélèvement pourrait donner des résultats en seulement 30 minutes.

La validation de ce test virologique est encore en cours, et devrait prendre encore quelques jours. Ce type de test pourrait valoir une quinzaine d'euros. Aucune information sur un éventuel remboursement par la Sécurité sociale n'a toutefois été communiquée.