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Covid-19: l'infectiologue Eric Caumes propose de laisser les jeunes se contaminer entre eux

Dans un entretien accordé au Parisien, le chef du service des maladies infectieuses à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière pense qu'il faut laisser, sous conditions, les plus jeunes attraper le Covid-19.

Une stratégie qui fait débat. Alors que la résurgence du nombre de cas Covid et une multiplication du nombre de clusters oblige les autorités françaises à imposer le port du masque dans certains endroits, Eric Caumes va jusqu'à proposer une mesure "pas politiquement correct".

"Je pense de plus en plus qu'il faut laisser les jeunes se contaminer entre eux, à condition qu'ils ne voient pas leurs parents et leurs grands-parents", explique l'infectiologue au Parisien. "Ils participeront à l'immunité collective et elle sera plus importante à la rentrée, dans les écoles et les universités", ajoute-t-il.

S'il estime difficile d'imposer aux jeunes le port du masque partout et l'interdiction pour eux de se rassembler, le chef du service des maladies infectieuses à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris rappelle néanmoins que "les jeunes peuvent aussi contracter forme grave du coronavirus".

Quid de la possible transmission avec des personnes à risque

"Ces gens peuvent contaminer des personnes à risque et c'est ce qui nous fait extrêmement peur", estime sur BFMTV Robert Sebbag, infectiologue à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière. "Cela va augmenter l'immunité collective mais on n'est pas encore arrivé aux 70% requis", ajoute-t-il.

Pour le Pr Bruno Mégarbane, "si on laisse se propager le virus parmi les jeunes, nous n'avons aucune garantie que la transmission ne se fasse pas entre eux et les personnes plus âgées ou à risque".

"Nous avons une preuve que le système n'est pas idéal. En Suède où on a tablé sur la circulation spontanée du virus [...] l'immunité n'est pas si élevée et le nombre de décès rapporté à la population suédoise est beaucoup plus important que dans d'autres pays européens", estime le chef du service de réanimation médicale et toxicologique de l'hôpital Lariboisière.

Un virus "trop intelligent pour les Européens"

Eric Caumes revient également dans Le Parisien sur les indicateurs mis en place pour suivre l'évolution épidémiologique et qui témoignent d'une circulation plus active du coronavirus sur le territoire français. Un virus "trop intelligent pour les Européens, à l'exception des Allemands", considère le médecin.

"Les autorités n'arrivent plus à contrôler certains clusters", juge Eric Caumes qui estime qu'"ils ne vont pas assez vite pour remonter les chaînes de contamination".

Le chef de service estime qu'"à ce rythme", les autorités n'auront d'autres choix que d'annoncer le reconfinement du département de la Mayenne placée en situation de "vulnérabilité élevée" ou du moins de certains communes.

S'il estime qu'il est encore trop tôt pour parler d'un début de deuxième vague, l'infectiologue ne cache pas son inquiétude alors que les hospitalisations augmentent en Île-de-France. Eric Caumes appelle enfin à arrêter de tester les voyageurs en provenance de pays à risque et d'imposer la quarantaine à celles et ceux arrivant en France depuis ces pays.

Hugues Garnier