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Coronavirus: comment sont analysés les cas suspects en France?

Un deuxième cas du coronavirus chinois a été détecté aux Etats-Unis

Un deuxième cas du coronavirus chinois a été détecté aux Etats-Unis - AFP

Deux cas ont été diagnostiqués et confirmés en France. L'un se trouve à Bordeaux, l'autre à Paris.

Le ministère de la Santé a annoncé ce vendredi soir que trois cas de coronavirus ont été confirmés en France. Les trois patients sont hospitalisés, l'un à Bordeaux et deux autres à Paris. "Nous sommes en train de remonter l'histoire de ces patients positifs de façon à rentrer en contact avec les personnes qu'ils ont croisées", a expliqué la ministre lors d'un point presse, notant que la période d'incubation était probablement "autour de 7 jours, entre 2 et 12 jours".

Comment sont diagnostiqués les possibles cas de contamination? BFMTV a pu se rendre au Centre national de référence des virus respiratoires de l’Institut Pasteur. C’est là qu’est pratiqué le test pour détecter le nouveau coronavirus chinois chez d’éventuels patients.

Un local sécurisé

C’est dans un laboratoire, perché au 4e étage d’un bâtiment vitré du 15e arrondissement de Paris, que les échantillons de cas possibles du nouveau coronavirus sont acheminés. Les enveloppes sont ouvertes dans un local sécurisé, avec la plus grande prudence:

"L’ouverture des paquets se fait dans un laboratoire spécialisé, le personnel est habillé et confiné pour éviter toute infection éventuelle", précise Vincent Enouf, directeur adjoint du Centre national de référence (CNR) des virus respiratoires de l’Institut Pasteur.

A l’intérieur de ces enveloppes, un tube avec du liquide et une sorte de coton-tige:

"C’est un prélèvement naso-pharyngé, c’est un petit écouvillon, comme un coton-tige, que l’on va rentrer dans le nez assez profondément pour récupérer des cellules. Ensuite, cet écouvillon va être mis dans un milieu de transport pour virus qui va nous être apporté au laboratoire", nous explique Sylvie Behilil, autre responsable du CNR.

Il y a tout juste deux semaines, la Chine a publié la séquence génétique, c’est-à-dire la carte d’identité du nouveau coronavirus.

Un résultat en 3 heures

Ces données ont permis à ce centre national de référence de concevoir un test diagnostic.

"Aujourd’hui, dans un temps record, on est capables de détecter ce nouveau virus. A partir du moment où l’on a l’échantillon entre nos mains, (cela prend) maximum trois heures. On va extraire le génome du virus, s’il est présent dans le prélèvement, et ensuite on va réaliser la méthode de détection mise en place", détaille Vincent Enouf.

Au total, sur le sol français, trois structures peuvent pratiquer le diagnostic des premiers échantillons: le CNR et la Cellule d'Intervention Biologique d'Urgence (CIBU) de l’Institut Pasteur et un autre centre de référence dirigée par le professeur Bruno Lina, à Lyon. 

"Lorsque l’on aura fini toutes nos étapes de validation, on pourra diffuser ce test dans les différents laboratoires hospitaliers qui seront en charge des patients, et des prélèvements réalisés sur ces patients", poursuit Vincent Enouf.

En cas de test positif, les chercheurs doivent le faire une seconde fois pour s’assurer du résultat. Ils doivent ensuite les autorités sanitaires.

Margaux de Frouville