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Épidémie de coronavirus: "Ce n'est pas la situation de mars", assure le Dr Philippe Juvin

Alors que le nombre de malades du Covid-19 est à la hausse, le médecin Philippe Juvin rappelle que la France n'est pas dans la même situation qu'en mars dernier, en plein pic de l'épidémie.

Alors que plusieurs médecins notent une légère, mais réelle, augmentation du nombre de cas de coronavirus, et de personnes hospitalisées, "ce n'est pas la situation de mars", assure dimanche sur BFMTV Philippe Juvin, chef des urgences de l'hôpital George-Pompidou à Paris.

5413 nouveaux cas de coronavirus ont été détectés en France dans les dernières 24 heures, selon le bilan de Santé Publique France publié ce dimanche soir, alors que le chiffre tournait autour de 2000 cas début août.

Beaucoup plus de tests qu'au mois de mars

"L'épidémie est en phase exponantielle, ce qui signifie qu'on a des cas positifs supplémentaires chaque jour et chaque semaine, donc c'est vrai que cela monte, mais aussi parce que l'on teste beaucoup", rappelle Philippe Juvin.

La France a franchi cette semaine "la barre historique" des 900.000 tests Covid hebdomadaires, a indiqué dimanche le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, et dans un pays où le virus circule, plus il y a de personnes testées, plus il y a fatalement de cas déclarés.

"Ce n'est pas comparable à la situation du mois de mars, car au mois de mars on avait des cas, mais on testait peu", explique le médecin. Et si le nombre de dépistages avait alors été aussi fort, "on aurait eu évidemment beaucoup plus de cas qu'aujourd'hui", assure-t-il.

Cette situation n'est toutefois pas à prendre à la légère pour Philippe Juvin: "Il faut regarder cela très très attentivement (...) c'est préocuppant parce que cela monte et on ne sait pas où cela va s'arrêter".

Les hôpitaux non surchargés

L'autre indicateur permettant de surveiller l'évolution de l'épidémie est le nombre de personnes hospitalisées, ou placées en réanimation. Philippe Juvin rappelle que le confinement, mis en place mi-mars, avait été instauré "parce que nous étions submergés par le nombre de patients, et que le risque était que les services d'urgence, les services de réanimation soient en incapacité de recevoir les patients".

Selon les chiffres du médecin, seulement 8 à 9% des lits de réanimation en France sont actuellement occupés, mais de nouveaux patients arrivent chaque jour à l'hôpital: environ 170 personnes ont été admises en réanimation la semaine dernière, 70 celle d'avant "et il y a un mois il y avait très peu de monde", rappelle le médecin.

"Il ne faudrait pas que l'on ait une reprise du coronavirus plus un truc par-dessus, qui pourrait s'appeler la grippe, ça ce serait terrible", lance également Philippe Juvin au cours de l'interview. Afin de ne pas engorger un peu plus les hôpitaux, il appelle la population à se vacciner contre la grippe, et se dit même favorable à une mesure d'obligation de vaccination des soignants.

"Les faits c'est qu'il y a plus de malades aujourd'hui qu'il y en avait il y a une semaine, et qu'il y en avait il y a un mois", répète le médecin. Pour éviter que le nombre de cas de coronavirus augmente, il faut respecter les gestes barrières et la distanciation sociale, car l'augmentation du nombre de cas n'est pas inéluctable.

Salomé Vincendon
Salomé Vincendon Journaliste BFMTV